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Amour et désamour du théâtre de Georges Banu

Georges Banu est l'auteur de plusieurs ouvrages aux éditions Actes Sud. "Amour et désamour du théâtre" est sa dernière publication.

On peut aimer Schubert plus que Mahler, Flaubert plus que Balzac, mais qui osera dire qu'il n'aime pas la musique ou la littérature ? Par contre, le théâtre, seul, en tant qu'art suscite passion ou rejet.

Dans cet essai surprenant, Georges Banu étudie à la racine avec passion mais froideur les causes de l'amour (et du désamour) du 6ème art.
Benjamin

 

Informations :

 

Editeur : Actes Sud L'avis d'Actualité littéraire
Genre : Poesie / theatre A propos de Georges Banu 
Année : 2013  
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Le Mot de l'éditeur

 

LA DISCORDE

Une incertitude se trouve à l'origine de ces questions : aimer, ne pas aimer le théâtre ? Y aller, le fuir ou, plus calmement, l'éviter ? Cultiver son désir ou entretenir une animosité ? Il s'agit donc, plutôt que d'amorcer une nouvelle tentative de définition du théâtre, de se placer au coeur de la controverse amour/désamour, afin de repérer et d'inventorier les arguments de ces deux postures contraires. Une observation invite à ce questionnement et elle est fondamentale. Aucun autre art ne se trouve remis en question en tant que pratique générale, les artistes oui, mais jamais l'art : personne ne dira qu'il rejette la musique, on pourra formuler des affinités, Schubert plus que Schumann ; personne ne contestera la peinture ou la littérature. On peut choisir Proust aux dépens de Thomas Mann, Manet aux dépens de Monet... Chaque art en particulier reste incontestable. A l'exception du théâtre qui, lui, suscite des refus ou des passions en tant qu'art lui-même, par-delà les artistes. On peut aimer ou ne pas aimer le théâtre, seulement lui, pas les autres arts ! Au nom de quoi, de quelles réticences ou de quelles attentes ? Voilà l'objet de la réflexion menée ici. Elle effleure les arguments sans s'appesantir chaque fois, car la raison de ce livre consiste dans l'inventaire général et non pas dans l'examen des cas ponctuels.
Nous allons donc rédiger "les fragments d'un discours amoureux" du théâtre, sans passer sous silence "les fragments d'un désamour" qui se fait entendre. Ainsi on se dérobe à l'affirmation d'un seul argumentaire pour instaurer une dialectique à même d'accorder sa chance à chacun des partenaires en présence : le partisan du théâtre et le sceptique, voire l'adversaire du théâtre. Et cela non pas dans la perspective d'une résolution finale, mais au nom de cette écoute indispensable des parties en présence lors d'un litige qui les réunit. Entendre et alterner les arguments au nom du besoin démocratique propre à toute action en justice. Il n'y aura pas de sentence, mais on pourra suivre cet affrontement entre la défense et l'accusation afin que personne ne se sente frustré et adopte la position qui est la sienne en toute connaissance de cause. Ici, comme dans l'inoubliable Orestie de Peter Stein, où le procès intenté à Oreste, le sauveur et matricide, ne connaissait pas de résolution et se poursuivait indéfiniment car Athéna n'intervenait pas pour l'absoudre, ici aussi il n'y aura pas de verdict ultime. Procès ouvert.
Comme l'envisage également Heinz Wismann dans son livre Penser entre les langues (Albin Michel, 2012), cet essai propose de mettre à l'épreuve du "penser" entre le oui et le non. Se situer au carrefour de la défense et de la disgrâce, se placer au centre d'une incertitude consubstantielle engendrée par cet art de l'entre-deux qu'est le théâtre. Cet entre-deux qui hanta ma vie ! Cet entre-deux qui nous empêche d'être en paix.
(...)

 

A propos de Georges Banu

 

Amour et désamour du théâtre de Georges Banu

Georges Banu, universitaire et essayiste, a consacré de nombreux travaux aux figures emblématiques de la mise en scène moderne, de Peter Brook à Antoine Vitez, de Jerzy Grotowski et Tadeusz Kantor à Ariane Mnouchkine ou Giorgio Strehler. Il s'est également penché sur les rapports théâtre peinture dans des ouvrages tels que l'Homme de dos (Adam Biro, 2000, réédition 2001). Il a par ailleurs approché le théâtre oriental avec son livre l'Acteur qui ne revient pas (Aubier, 1986 ; réédition Gallimard, "Folio Essais" ; 1993). Il traite de "l'acteur insoumis" dans son essai Les Voyages du comédien (Gaallimard, 2012). Dans la série "Le Temps du théâtre" il a publié Mémoires du théâtre (1987, réédition 2005), Notre théâtre, La Cerisaie (1999), La Scène surveillée (2006) ainsi que Miniatures théoriques (2009). En France, il a reçu trois fois le Prix du meilleur livre sur le théâtre par le Syndicat de la critique.