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Hysteria : Elizabeth Holleville met l’épouvante au service d’une question sociale

Paru le 26 août 2026 chez Glénat, ce roman graphique d’horreur de 256 pages suit une réalisatrice revenue dans le manoir de ses grands-parents. L’éditeur l’adosse ouvertement à une question sociologique.

Glénat a publié le 26 août 2026 Hysteria, un album d’Elizabeth Holleville, seule autrice créditée. Grand format cartonné, collection 1000 Feuilles, 256 pages, 25 euros en papier et 17,99 euros en numérique. L’éditeur le range dans ses catégories horreur et roman graphique.

Première de couverture d’Hysteria : un manoir se dresse au centre d’un encadrement dont la forme évoque un utérus, entouré d’ornements végétaux et de silhouettes féminines, dans une gamme de mauves.
Première de couverture d’Hysteria, Glénat.

Ce que l’éditeur annonce

Après une rupture, Garance, trentenaire et réalisatrice de films d’horreur, quitte Paris pour le manoir décrépit de ses grands-parents, qu’elle n’a pas revus depuis l’enfance. Dans le silence et les objets figés, une mémoire familiale se réveille, faite de rituels obscurs et d’un héritage maternel étouffant. La présentation de Glénat annonce ensuite que les murs se referment, et que ce que la famille vénère depuis des générations n’est peut-être pas humain. Nous n’avons pas lu l’album : ce paragraphe rapporte le texte de l’éditeur, il ne le valide pas.

Une horreur adossée à une question sociologique

Le fait notable tient moins au récit qu’à la façon dont il est présenté. Pour vendre un album d’épouvante, Glénat met en exergue une phrase de sociologue : « On tolère les femmes sans enfants, on ne les accepte pas réellement », attribuée par l’éditeur à Charlotte Debest, autrice du Choix d’une vie sans enfant, paru aux Presses universitaires de Rennes en 2014 et tiré d’une thèse consacrée aux personnes volontairement sans enfant. L’éditeur annonce à partir de ce constat un récit qui interroge l’emprise familiale, la liberté et le corps des femmes.

Adosser explicitement une fiction de genre à la parole d’une chercheuse n’est pas courant dans un argumentaire d’éditeur. C’est aussi une promesse exigeante, sur laquelle seule la lecture permettra de trancher.

Après Immonde !

Elizabeth Holleville avait publié chez le même éditeur Immonde !, le 26 janvier 2022, que Glénat qualifie de thriller éco-fantastique. Hysteria prolonge donc son travail dans la bande dessinée de genre, où l’autrice s’est déjà servie des codes du fantastique et de l’horreur pour porter un propos social. L’éditeur situe la référence visuelle du côté du cinéma d’horreur des années 1970.

Sur sa page de vente, Glénat reproduit quatre extraits de presse, que nous rapportons comme tels, sans les avoir vérifiés à la source. France Inter y écrit que « l’horreur ici n’est pas sanglante », mais tient à « la terreur qu’elle provoque ». Livres Hebdo relève que l’autrice « convoque les grands classiques comme Rosemary’s Baby » en y insufflant « une pensée féministe forte ». Les Inrocks évoquent un « thriller qui rivalise avec les canons de l’horreur cinématographique contemporaine ». Page des libraires parle d’« une angoisse diffuse jusqu’à un dénouement saisissant ».

  • Hysteria, Elizabeth Holleville, autrice
  • Glénat, collection 1000 Feuilles, grand format cartonné, 256 pages
  • Parution le 26 août 2026
  • 25,00 euros en papier, EAN 9782344056172
  • 17,99 euros en numérique, EAN 9782331091124

Sources

  1. Éditions Glénat, fiche de l’album Hysteria, consultée le
  2. Bibliothèque nationale de France, notice d’Hysteria, consultée le
  3. Presses universitaires de Rennes, Charlotte Debest, Le choix d’une vie sans enfant, 2014, consultée le
  4. Expertes France, fiche de la sociologue Charlotte Debest, consultée le

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