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Couverture de Asterix at the Olympic Games

Bande dessinéeLangue d’origine : Français

Astérix aux Jeux Olympiques

Première publication
1968
Éditions référencées
4

De quoi parle ce livre ?

Douzième album de la série Astérix, écrit par René Goscinny et illustré par Albert Uderzo, paru en 1968. L'intrigue s'ouvre sur un légionnaire du camp romain voisin, choisi pour représenter Rome aux Jeux Olympiques. Piqués au vif, Astérix et Obélix décident de concourir et gagnent la Grèce avec le druide Panoramix. La Gaule étant occupée, ils s'inscrivent au titre de citoyens romains. À Olympie surgit l'obstacle central : la potion magique, qui les rendrait imbattables, est assimilée à une tricherie et interdite. Contraints de concourir sans elle, ils affrontent des athlètes grecs et romains aguerris. Le récit culmine dans une course où les légionnaires romains, qui ont bu la potion en cachette, sont trahis par leur langue teintée (Panoramix l'avait colorée) et disqualifiés, ce qui offre la victoire à Astérix. L'album transpose sur le mode parodique la compétition sportive, la Grèce antique et la question de la triche, dans le cadre récurrent de la résistance du village gaulois à Rome.

Résumé rédigé par la rédaction. Aucun texte de quatrième de couverture n’est repris.

Que vaut ce livre ?

4/ 5

Note sur 5, par demi-points, sur notre échelle documentée.

Astérix aux Jeux Olympiques : le fair-play gaulois à l'épreuve d'Olympie

Douzième album de la série, publié en 1968, « Astérix aux Jeux Olympiques » appartient à la grande période Goscinny-Uderzo, celle où le scénario et le dessin arrivent ensemble à maturité. Son angle le plus savoureux tient au sort réservé à la potion magique : les organisateurs des Jeux la déclarent interdite, la ramenant au rang de simple tricherie. Or l'album paraît l'année même où le mouvement olympique instaure ses premiers contrôles antidopage, à Grenoble puis à Mexico, tandis que le cyclisme vient de connaître ses propres drames. Loin d'une intuition prophétique, c'est donc un clin d'œil très actuel à un débat qui agitait déjà le sport de 1968. Sous ses dehors de divertissement familial, la bande dessinée pose ainsi, l'air de rien, la question de l'équité sportive et de la générosité entre adversaires, avec une finesse qui justifie qu'on la relise adulte.

La construction obéit à la mécanique éprouvée de l'album de voyage, mais avec un déclencheur malin : ce sont les Romains du camp voisin, occupés à entraîner leur champion Claudius Cornedurus, qui donnent aux Gaulois l'envie de concourir. La Gaule étant province romaine, Astérix et Obélix revendiquent le droit de participer sous la bannière de l'aigle, ce qui installe d'emblée une rivalité comique. Goscinny tire ensuite un excellent parti de la règle interdisant la potion : Astérix accepte de courir sans elle, mais Obélix, tombé enfant dans le chaudron et donc saturé à vie de breuvage, se voit exclu comme un dopé permanent, gag qui prolonge malicieusement le thème central.

Le voyage vers la Grèce nourrit la satire touristique chère à la série : l'auberge, les cousins innombrables et interchangeables de l'aubergiste, la cuisine locale, les ruines déjà transformées en attractions. L'onomastique fait mouche, les noms grecs en -os répondant aux noms romains en -us. Côté dessin, Uderzo s'amuse des colonnades, des statues et des foules de stade, et signe surtout une séquence célèbre où les personnages basculent dans le style des vases antiques, silhouettes à la grecque d'une belle drôlerie graphique.

Le vrai coup de génie est dans la résolution. La potion bannie, les légionnaires romains dérobent le chaudron et se croient invincibles ; mais Panoramix a teinté ce breuvage-là, et leurs langues colorées trahissent la fraude. Tous disqualifiés, Astérix reste seul vainqueur régulier, puis offre sa palme à Cornedurus afin qu'il rentre en héros dans son camp. La chute noue en une seule image le sport, la triche et la magnanimité, sans jamais s'appesantir.

Notre verdict« Astérix aux Jeux Olympiques » n'est pas le sommet absolu de la série, faute d'une intrigue centrale aussi tendue que celle d'« Astérix légionnaire » ou de « La Grande Traversée », mais il en signe l'une des plus belles chutes. Réduire la potion à un dopage, puis faire triompher la générosité sur la victoire, hisse le divertissement au rang de petite fable sur le sport et l'honneur. Porté par un Goscinny au meilleur de sa plume et un Uderzo virtuose du mouvement, l'album reste un classique solide, drôle et plus fin qu'il n'en a l'air, que chaque olympiade rend un peu plus parlant. Une réussite qui vieillit bien mieux que bien des médaillés.

Points forts

  • Une chute d'une élégance moraleLe dénouement, où Astérix cède sa palme au malheureux Cornedurus pour lui éviter la honte devant les siens, dépasse le simple gag: il change une compétition en leçon de magnanimité, sans jamais moraliser ni forcer le trait.
  • Une satire du dopage en prise avec son époqueRéduire la potion à un produit interdit, l'année précise où les Jeux instaurent leurs premiers contrôles antidopage, ancre l'album dans un débat déjà brûlant en 1968 et lui donne une résonance qui n'a fait que croître avec les décennies suivantes.
  • Le tandem texte-image au sommetLe comique verbal de Goscinny (onomastique, jeux de mots, anachronismes) répond au dynamisme d'Uderzo, jusqu'à la fameuse séquence en style de céramique grecque, véritable morceau de bravoure graphique de l'album.

Réserves

  • Une formule de voyage déjà baliséeLe schéma du périple à l'étranger, avec sa récolte de clichés nationaux (ici la Grèce, ses ruines et ses tavernes pour touristes), tournait déjà à plein dans les albums précédents et n'invente ici aucune vraie rupture.
  • Un ventre mou avant la courseLa partie médiane, faite d'entraînements et d'attente à Olympie, avance plus mollement que l'ouverture et que le finale, comme si l'intrigue patientait avant de dévoiler sa meilleure idée.

À qui s’adresse ce livre ?

L'album s'adresse d'abord aux lecteurs de tout âge déjà familiers de la série, qui y retrouveront leurs repères. Les enfants savoureront l'action, les baffes distribuées aux légionnaires et le décor exotique ; les adultes goûteront la satire des Jeux, de la Grèce touristique et des rivalités nationales, ainsi que la morale finale sur le fair-play. C'est aussi une bonne porte d'entrée pour qui découvre Astérix à l'occasion d'une année olympique, tant le sujet se raconte de lui-même. Les amateurs d'Antiquité y trouveront un clin d'œil affectueux à Olympie, à condition d'accepter le parti pris de la caricature plutôt que de la reconstitution fidèle.

Informations sur l’édition

L’ISBN, l’éditeur, la langue de publication, le format et la pagination appartiennent à l’édition. L’œuvre, elle, ne porte que son titre canonique et sa date de première publication.

Éditions référencées, avec ISBN, éditeur, date de parution et format
ÉditionÉditeurParutionFormatISBNDisponibilité
Asterix at the Olympic GamesIntl Learning Systemsn.c.Broché · Français978-0-02-497860-8Non renseigné
Astérix aux Jeux OlympiquesHachetteRelié · 48 p. · Français978-2-01-210012-1Non renseigné
Astérix aux Jeux OlympiquesFrench & European PubnsRelié · Français978-0-7859-0986-6Non renseigné
Asterix aux Jeux OlympiquesFrench & European PubnsRelié · 48 p. · Français978-0-8288-5109-1Non renseigné

Sources et date de mise à jour

Critique publiée le 19 août 2026, mise à jour le 19 août 2026.