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Couverture de Astérix et la rentrée gauloise

Bande dessinée

Astérix et la rentrée gauloise

Première publication
1993
Éditions référencées
1

De quoi parle ce livre ?

Astérix et la rentrée gauloise n'est pas une aventure au long cours, mais un recueil. Trente-deuxième volume de la série, l'album rassemble quatorze histoires courtes, pour la plupart parues dans le journal Pilote et divers supports entre 1962 et 2003, l'une d'elles restée jusque-là inédite. On y retrouve le village gaulois qui résiste à l'envahisseur romain, Astérix le petit guerrier rusé, Obélix et son menhir, le druide Panoramix et sa potion magique, le barde Assurancetourix et le chef Abraracourcix. Le fil conducteur n'est pas une intrigue unique, mais une succession de saynètes : la rentrée du village qui donne son titre à l'ensemble, des variations au fil des saisons, un clin d'œil sur la naissance des héros, des pastiches littéraires et des jeux sur la langue. Certaines pages sont signées Goscinny et Uderzo, d'autres d'Uderzo seul, après la disparition du scénariste en 1977. Parue une première fois en album en 1993 dans une édition hors-série, la collection a été remaniée et enrichie en 2003 pour devenir le tome 32 officiel. L'enjeu n'est pas le suspense, mais la promenade dans quatre décennies d'humour gaulois.

Résumé rédigé par la rédaction. Aucun texte de quatrième de couverture n’est repris.

Que vaut ce livre ?

3,5/ 5

Note sur 5, par demi-points, sur notre échelle documentée.

Le grenier d'Astérix : une anthologie tendre et inégale

Il faut aborder ce trente-deuxième Astérix pour ce qu'il est : non pas une grande aventure, mais un album-souvenir. La rentrée gauloise range côte à côte des histoires courtes glanées sur plus de quarante ans, du vivant de René Goscinny puis sous le seul crayon d'Albert Uderzo. L'objet tient autant du recueil que de l'album de famille, avec ses réussites franches et ses pages plus anecdotiques.

La construction obéit à une logique d'anthologie plutôt qu'à une dramaturgie. Chaque histoire est brève, autonome, et se trouve précédée, dans l'édition de 2003, d'un court texte de présentation qui la resitue : date de parution, contexte, intention. Ce dispositif fait de l'album un objet réflexif, où la série se regarde vivre et commente sa propre fabrique. On y croise le récit-titre consacré à la rentrée du village, une évocation de la naissance des héros, l'inédit où le coq gaulois tient tête à l'aigle impériale, ainsi que des exercices plus malicieux : un pastiche assumé des Exercices de style de Raymond Queneau, qui rejoue une même scène en une cascade de manières, et une charge amusée contre le franglais, dans l'esprit de la campagne menée par Maurice Druon pour la défense de la langue. Fait rare dans la série, les deux auteurs s'y mettent eux-mêmes en scène, ce qui renforce la dimension d'hommage.

Le trait reste celui d'Uderzo : vif, caricatural, expressif, aux antipodes de la ligne claire d'un Hergé, avec un sens du mouvement et de la trogne demeuré intact. La mise en couleurs a été revue pour l'édition de 2003, ce qui homogénéise des planches d'époques très différentes. Les thèmes sont ceux de la série : la résistance joyeuse, le sens de la communauté, la gourmandise du langage et des jeux de mots, la tendresse pour les rites du quotidien. La brièveté du format interdit l'ampleur épique des grands albums, mais elle autorise une liberté de ton, un côté récréation, que les longs récits laissent rarement paraître.

La limite est inhérente au genre : l'inégalité. Toutes les histoires n'ont pas la même densité, certaines relèvent du strict clin d'œil, et l'ensemble n'a pas le souffle qui porte un album classique de la première à la dernière page. Le lecteur occasionnel pourra rester sur sa faim, là où l'amateur trouvera un vrai plaisir d'archiviste.

Notre verdictAstérix et la rentrée gauloise est un album à part, à prendre pour ce qu'il est : un recueil affectueux plutôt qu'une grande aventure. On y perd le souffle épique des classiques, on y gagne une promenade libre et documentée dans quatre décennies de création. L'inégalité des histoires est le prix du format, mais les meilleures pages rappellent tout le talent du duo, puis d'Uderzo seul. À réserver aux amateurs et aux curieux de la série, qui y verront un complément précieux plus qu'un sommet. Une lecture de plaisir et de mémoire, à ranger tout près des grands albums sans prétendre les égaler.

Points forts

  • Un document sur la fabrique d'AstérixLes textes de présentation qui accompagnent chaque récit, les dates et les intentions rappelées, la mise en scène des auteurs eux-mêmes: l'album se lit aussi comme les coulisses d'une série mythique, et vaut comme document pour qui aime l'histoire de la bande dessinée.
  • La vivacité du trait d'UderzoD'une planche à l'autre, malgré des décennies d'écart, le dessin garde son énergie, son sens du mouvement et sa science de la caricature. La recolorisation de 2003 unifie l'ensemble sans trahir l'esprit d'origine.
  • Le plaisir du jeu et du pasticheLe format court libère une fantaisie que les longs récits contiennent: pastiche de Queneau, satire du franglais, variations et clins d'œil. C'est un Astérix récréatif, gourmand de langage, fidèle à l'esprit malicieux de la série.

Réserves

  • Un recueil forcément inégalRéunir des histoires écrites sur plus de quarante ans expose à de fortes différences de densité. À côté de vraies réussites, quelques pages ne dépassent guère le clin d'œil et paraîtront anecdotiques.
  • Pas de souffle romanesqueOn ne trouve ici ni grande intrigue ni montée dramatique: la promenade se fait par petites touches. Le lecteur qui découvre la Gaule risque de manquer l'ampleur et le suspense qui font le sel des albums classiques.

À qui s’adresse ce livre ?

Cet album s'adresse d'abord aux fidèles d'Astérix, à ceux qui connaissent déjà la galerie du village et goûteront les coulisses, les dates et les clins d'œil. Les amateurs de bande dessinée curieux de l'histoire d'une série y trouveront un bel objet de collection. En revanche, ce n'est pas la porte d'entrée idéale pour un jeune lecteur qui découvrirait la Gaule : mieux vaut commencer par une aventure complète, quitte à revenir ensuite à ce recueil comme à un complément. Les enseignants et les nostalgiques du journal Pilote apprécieront la valeur patrimoniale de l'ensemble.

Informations sur l’édition

L’ISBN, l’éditeur, la langue de publication, le format et la pagination appartiennent à l’édition. L’œuvre, elle, ne porte que son titre canonique et sa date de première publication.

Éditions référencées, avec ISBN, éditeur, date de parution et format
ÉditionÉditeurParutionFormatISBNDisponibilité
Astérix et la rentrée gauloiseEditions Albert Renén.c.Autre · 56 p.978-2-86497-153-5Non renseigné

Sources et date de mise à jour

Critique publiée le 19 août 2026, mise à jour le 19 août 2026.