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Couverture de Astérix et la Transitalique

Bande dessinée

Astérix et la Transitalique

Première publication
2017
Éditions référencées
1

De quoi parle ce livre ?

Trente-septième album de la série, signé par le tandem Jean-Yves Ferri au scénario et Didier Conrad au dessin, Astérix et la Transitalique lance les deux Gaulois sur les routes de la péninsule. À Rome, le sénateur Lactus Bifidus se voit reprocher l'état déplorable des voies de l'Empire. Pour laver l'affront et prouver que les chemins d'Italie valent bien tous les autres, on met sur pied une grande course de chars, la Transitalique, ouverte aux attelages venus de tout l'Empire. Les concurrents affluent : une princesse kouchite, un Lusitanien, des jumeaux cimbres, un Sarmate, un Grec, sans oublier le champion masqué que Rome donne pour invincible, Coronavirus. Astérix et Obélix prennent eux aussi le départ, à bord de leur propre char. De Modicia jusqu'au sud de la botte, l'épreuve traverse une Italie plurielle, faite de cités rivales et de terroirs que Rome voudrait uniformiser. Entre étapes semées d'embûches et fierté des petits peuples dressés face au favori officiel, l'album déroule une échappée antique où le vin, la table et l'orgueil régional pèsent autant que la ligne d'arrivée, sans jamais trahir qui franchira le premier la borne finale.

Résumé rédigé par la rédaction. Aucun texte de quatrième de couverture n’est repris.

Que vaut ce livre ?

4/ 5

Note sur 5, par demi-points, sur notre échelle documentée.

Astérix et la Transitalique : un road-movie antique à travers l'Italie plurielle

Avec ce trente-septième volume, Jean-Yves Ferri et Didier Conrad poursuivent leur reprise du monument créé par René Goscinny et Albert Uderzo. Après un détour chez les Pictes puis l'affaire d'un fameux papyrus, le duo choisit cette fois le grand air et la vitesse : une course de chars lancée d'un bout à l'autre de la botte italienne. Le motif du voyage, cher à la série depuis Le Tour de Gaule, sert ici de colonne vertébrale à une comédie de mœurs où l'Italie antique se révèle bien plus diverse que l'Empire ne veut l'admettre. Reste à voir si la mécanique de l'aventure tient la distance et si le tandem parvient à imprimer sa marque sans trahir l'héritage.

La construction épouse la logique de la course. Un prologue romain pose l'enjeu politique, la mise en cause du sénateur Bifidus et l'idée d'une compétition destinée à sauver l'honneur des routes impériales, avant que l'album n'enchaîne les étapes comme autant de séquences. Ce découpage en relais géographiques offre à Ferri un cadre commode pour varier les décors et les gags, de la plaine du Pô aux terres du Sud. Le scénariste y déploie son penchant pour la satire douce et l'actualité transposée : la course truquée au bénéfice du champion officiel, le masque de Coronavirus, la rivalité des terroirs et la fierté des petits peuples face à la machine romaine dessinent, sous le rire, une réflexion sur l'uniformisation et sur le mérite. L'Italie de l'album n'a rien d'un bloc ; elle est une mosaïque de cités jalouses de leurs particularismes, ce qui autorise une savoureuse galerie de clins d'œil gastronomiques et régionaux. Le trait de Didier Conrad reste l'un des atouts majeurs de cette nouvelle ère. Héritier de la manière d'Uderzo, il en retrouve l'énergie caricaturale, le sens du mouvement et l'expressivité des visages sans jamais se réduire au décalque. Les scènes de course, chars lancés, nuages de poussière et cadrages nerveux, lui donnent l'occasion d'une mise en scène enlevée, servie par des couleurs chaleureuses. Les nouveaux venus, à commencer par la princesse kouchite et le champion masqué, sont croqués avec une lisibilité qui facilite l'entrée dans une distribution pléthorique. Sur le fond, l'album assume pleinement sa nature de divertissement familial. Ferri privilégie le rythme et la mécanique du running gag à l'épaisseur narrative, quitte à laisser certains concurrents à l'état de silhouettes. Les fidèles de la grande époque Goscinny retrouveront la structure du récit de voyage et le plaisir des jeux de mots, même si la densité verbale et le tranchant satirique n'atteignent pas toujours les sommets des classiques. La lecture n'en demeure pas moins fluide, généreuse en péripéties et soucieuse de tenir, jusqu'à la dernière borne, le suspense de l'arrivée.

Notre verdictAstérix et la Transitalique est un cru solide et généreux de l'ère Ferri-Conrad. En renouant avec le grand récit de voyage, le tandem retrouve une mécanique éprouvée et l'enrichit d'une satire souriante sur les vedettes fabriquées et l'orgueil des terroirs. Le dessin de Conrad, nerveux et chaleureux, porte l'ensemble avec brio, notamment dans des scènes de course particulièrement enlevées. On regrettera que la nombreuse galerie de concurrents demeure partiellement inexploitée et que la densité comique n'égale pas toujours les chefs-d'œuvre des origines, mais le plaisir de lecture est indéniable et le suspense tenu jusqu'à la dernière ligne droite. Pour un rendez-vous familial fidèle à l'esprit de la série, l'objectif est atteint : voilà un divertissement de belle facture, à la fois classique et pimpant.

Points forts

  • Un récit de voyage parfaitement huiléLe principe de la course à travers l'Italie relance le schéma du périple cher à la série et enchaîne les étapes avec un allant constant. Chaque relais apporte son décor, ses concurrents et ses gags, ce qui entretient un rythme soutenu et une lecture limpide.
  • Le dessin dynamique de Didier ConradFidèle à l'énergie caricaturale héritée d'Uderzo, Conrad excelle dans les scènes de course: chars emballés, poussière, cadrages nerveux et visages très expressifs. Les couleurs chaleureuses épousent ce mouvement et donnent à l'ensemble une belle vitalité.
  • Une satire douce et un éloge de la diversitéDerrière la compétition truquée et le champion masqué, l'album célèbre une Italie plurielle, faite de cités et de terroirs rétifs à l'uniformisation romaine. Le clin d'œil aux vedettes fabriquées et au sport-spectacle ajoute une note d'actualité malicieuse.

Réserves

  • Une galerie de concurrents sous-exploitéeLa foule des participants venus de tout l'Empire promet beaucoup, mais plusieurs se réduisent à des silhouettes, esquissées puis laissées de côté au fil des étapes. Le format n'accorde guère le temps de les incarner vraiment.
  • Une densité comique en retrait des classiquesLe plaisir est réel, mais la profusion de jeux de mots et le mordant satirique de la grande époque Goscinny ne sont pas toujours au rendez-vous. Le récit mise davantage sur le rythme que sur l'épaisseur.

À qui s’adresse ce livre ?

L'album s'adresse d'abord au très large public familial de la série, des jeunes lecteurs qui découvrent les aventures gauloises aux fidèles nostalgiques depuis l'enfance. Sa lecture ne suppose aucune connaissance préalable : le principe de la course se saisit d'emblée et fait une porte d'entrée idéale. Les amateurs de récits de voyage à la manière du Tour de Gaule ou d'Astérix chez les Helvètes y trouveront un terrain familier, tandis que les lecteurs adultes goûteront les clins d'œil à l'actualité, au sport et aux particularismes régionaux. Les puristes attachés à la période Goscinny-Uderzo l'aborderont peut-être avec une exigence accrue, mais y reconnaîtront le soin porté par Ferri et Conrad à l'esprit de la maison. C'est, en somme, un album à partager entre générations.

Informations sur l’édition

L’ISBN, l’éditeur, la langue de publication, le format et la pagination appartiennent à l’édition. L’œuvre, elle, ne porte que son titre canonique et sa date de première publication.

Éditions référencées, avec ISBN, éditeur, date de parution et format
ÉditionÉditeurParutionFormatISBNDisponibilité
Astérix et la TransitaliqueEduca BooksAutre · 128 p.978-2-86497-328-7Non renseigné

Sources et date de mise à jour

Critique publiée le 19 août 2026, mise à jour le 19 août 2026.