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Couverture de Bételgeuse, tome 1

Bande dessinée

Bételgeuse, tome 1

Première publication
2000
Éditions référencées
1

De quoi parle ce livre ?

Bételgeuse, tome 1, sous-titré La Planète, ouvre le deuxième cycle de la série de science-fiction Les Mondes d'Aldébaran, du scénariste et dessinateur Léo (Luiz Eduardo de Oliveira), paru en 2000. L'action se déroule sur une planète du système de Bételgeuse, où une expédition venue de la Terre avait entrepris de fonder une colonie avant que tout contact ne soit rompu. Kim Keller, l'héroïne du premier cycle (Aldébaran), désormais adulte et devenue exobiologiste, fait partie d'une nouvelle expédition chargée de comprendre ce qui s'est passé. Sur place, la situation est tendue : les survivants sont soumis à un pouvoir autoritaire et le vaisseau colonisateur, le Konstantin Tsiolkovski, est resté en orbite, sans signe de vie. Kim s'intéresse à la faune locale, notamment aux Iums, créatures de la biosphère de la planète. Ce premier tome met en place les enjeux du cycle : l'exploration d'un monde extraterrestre, l'étude de sa biologie et les rapports de force au sein de la colonie.

Résumé rédigé par la rédaction. Aucun texte de quatrième de couverture n’est repris.

Que vaut ce livre ?

3,5/ 5

Note sur 5, par demi-points, sur notre échelle documentée.

Bételgeuse, tome 1 : La Planète, Léo relance sa saga stellaire

Deuxième cycle des Mondes d'Aldébaran, Bételgeuse s'ouvre avec La Planète (2000), où Léo (Luiz Eduardo de Oliveira) élargit son univers. Après la colonie côtière et isolée du premier cycle, il emmène le lecteur vers un autre système stellaire, où une colonisation a tourné court. L'album assume son statut d'introduction : il installe un décor, des enjeux écologiques et une intrigue à tiroirs, et renoue avec Kim Keller, héroïne constante de la saga.

La construction délaisse la mécanique linéaire du récit d'exploration : elle tresse trois fils. Sur la planète, une colonie vit déjà, divisée entre ceux qui veulent l'exploiter et ceux qui veulent la protéger. En orbite, deux passagers, Hector Albornoz et Inge de Vries, s'éveillent dans un vaisseau à la dérive dont les colons sont morts congelés. Ailleurs, Kim Keller repasse par Aldébaran avant de filer vers Bételgeuse, la Mantrisse semblant communiquer d'un monde à l'autre.

Le style reste fidèle à l'auteur : un trait clair, presque documentaire, une mise en couleurs sobre et lumineuse, un soin méticuleux porté à la faune et à la flore extraterrestres, dont l'étrangeté crédible fait le principal plaisir visuel. Léo prend son temps et privilégie la lente montée de la curiosité plutôt que l'action.

Sur le fond, il prolonge ses obsessions : l'écologie pensée comme un organisme total (la biosphère cache un secret, écho de la Mantrisse d'Aldébaran), la méfiance envers les pouvoirs et les investisseurs, une liberté des corps sans détour. Le conflit entre naturalistes et colonisateurs devient une fable sur l'intrusion humaine dans un équilibre qui nous dépasse.

Notre verdictBételgeuse, tome 1 est une porte d'entrée soignée mais patiente dans le nouveau monde de Léo : superbe d'invention biologique et de cohérence, un peu frustrant par sa lenteur et sa narration éclatée en trois fils. Ce n'est pas l'album le plus autonome de la saga, mais il en pose solidement les fondations et, porté par le retour de Kim Keller, donne envie de poursuivre.

Points forts

  • Un univers cohérentLéo pense sa planète comme un système vivant complet, géologie et écosystèmes compris. Cette rigueur donne à sa science-fiction une épaisseur rare et récompense le lecteur attentif.
  • Faune et flore inventivesLe vrai spectacle est biologique: créatures et paysages extraterrestres sont traités avec un sérieux quasi naturaliste qui les rend crédibles et inquiétants.
  • Des femmes au premier planFidèle à sa manière, Léo confie l'initiative à des figures féminines volontaires: Kim Keller, héroïne récurrente venue d'Aldébaran, mais aussi Leilah, qui commandait le vaisseau perdu. La saga avance par elles.

Réserves

  • Un tome d'expositionEn bon premier chapitre, La Planète pose plus qu'il ne résout: le récit à trois fils reste éclaté, le rythme est lent et il se lit mal isolément.
  • Un dessin qui diviseLe trait, admirable pour les décors et le vivant, se fait plus raide sur les visages et les expressions humaines, reproche récurrent adressé à Léo.
  • Des tics assumésLa nudité fréquente et un certain didactisme des dialogues, marques de fabrique de l'auteur, pourront lasser les lecteurs peu sensibles à ce parti pris.

À qui s’adresse ce livre ?

L'album s'adresse aux amateurs de science-fiction adulte et de construction d'univers patiente, surtout à ceux qui ont aimé le cycle Aldébaran. Les lecteurs pressés, en quête d'action immédiate, ou rétifs à la nudité, y trouveront moins leur compte. C'est une lecture pour public averti, amateur de fables écologiques.

Informations sur l’édition

L’ISBN, l’éditeur, la langue de publication, le format et la pagination appartiennent à l’édition. L’œuvre, elle, ne porte que son titre canonique et sa date de première publication.

Éditions référencées, avec ISBN, éditeur, date de parution et format
ÉditionÉditeurParutionFormatISBNDisponibilité
Bételgeuse, tome 1La PlanèteDargaudAutre · 48 p. · Français978-2-205-04902-2Non renseigné

Sources et date de mise à jour

Critique publiée le 18 août 2026, mise à jour le 18 août 2026.