
Comment Obélix est tombé dans la marmite du Druide quand il était petit
- AuteurRené Goscinny
- AuteurAlbert Uderzo
- Première publication
- 1989
- Éditions référencées
- 1
De quoi parle ce livre ?
Récit court de l'univers d'Astérix, écrit par René Goscinny et illustré par Albert Uderzo. À la différence des albums de bande dessinée classiques de la série, il s'agit d'une histoire en texte accompagné d'illustrations, parue d'abord dans le journal Pilote en 1965, puis publiée en album. L'oeuvre met en scène un ressort récurrent de la série: elle explique pourquoi Obélix, une fois adulte, n'a pas le droit de boire la potion magique du druide Panoramix. Le cadre est le village gaulois au temps où Astérix et Obélix étaient enfants. Le récit raconte que, tout petit, Obélix est tombé dans la marmite de potion magique préparée par le druide. Imprégné de façon durable par le breuvage, il acquiert une force hors du commun et permanente, ce qui justifie à la fois sa puissance et le refus constant de Panoramix de lui en redonner. Le texte donne ainsi une origine, sur le mode humoristique, à un trait central des personnages.
Résumé rédigé par la rédaction. Aucun texte de quatrième de couverture n’est repris.
Que vaut ce livre ?
La chute d'Obélix dans la marmite: un conte de Goscinny, réillustré par Uderzo
Dans chaque album, une réplique d'Astérix clôt le débat: Obélix ne boit pas de potion, il est tombé dedans quand il était petit. Le texte n'est pourtant pas une œuvre tardive d'Uderzo seul: c'est un scénario de Goscinny paru dans Pilote le 20 mai 1965, que son complice a repris et réillustré en 1989. Rare occasion de voir la saga raconter sa propre légende, et de la confier à celui qui, d'ordinaire, l'expédie en une phrase.
Sur le plan de la forme, l'ouvrage n'est pas une bande dessinée au sens strict: Uderzo abandonne cases et bulles au profit de dessins en pleine page accompagnés d'un texte narratif qui absorbe les dialogues. On tient un album illustré, plus proche du livre d'images que du récit en planches, et c'est Astérix qui raconte, à la première personne, l'enfance partagée avec son ami. L'intrigue reste mince. Brimés par de futurs adultes reconnaissables (Cétautomatix, Ordralfabétix), les gamins du village veulent se défendre; Astérix pousse Obélix à goûter en douce la potion de Panoramix, et le petit bascule dans le chaudron, le vide et gagne pour toujours sa force.
Le style tient à cette double signature. Le texte est du Goscinny de 1965, celui de la grande période: la malice, le sens du contretemps et la tendresse moqueuse pour la galerie villageoise sont là, même si le format bref d'une histoire de revue interdit les intrigues gigognes des chefs-d'œuvre. Le dessin, lui, est un Uderzo de 1989, à pleine maturité graphique: la pleine page autorise des compositions amples, des décors fouillés et des trognes enfantines impossibles dans la contrainte du gaufrier. Les couleurs douces de Thierry Mébarki poussent l'ensemble vers l'album de famille attendri.
Les thèmes sont l'enfance, l'amitié et les origines. En dramatisant un gag qui vivait de son ellipse, Goscinny transforme dès 1965 une plaisanterie récurrente en petite mythologie intime, et fait de la maladresse d'Obélix le socle de la série. La reprise de 1989 ajoute du sens: réillustrer seul, douze ans après la mort de son complice, un récit signé ensemble, c'est pour Uderzo un geste de fidélité, une façon de sauver une page oubliée de Pilote.
Notre verdictCuriosité plus qu'aventure, cet album vaut par son charme et ses images plus que par son ampleur. On y lit un vrai Goscinny de 1965, réillustré avec tendresse par un Uderzo au sommet de son trait. Mais l'histoire reste mince, le format ralentit le comique, et dévoiler la légende en dissipe le mystère. Objet mineur mais attachant, précieux pour qui aime déjà la série.
Points forts
- Du Goscinny d'époque, pas un ersatzContrairement à une idée répandue, le récit n'est pas une œuvre posthume d'Uderzo: c'est un scénario de Goscinny daté de 1965, en pleine période classique. On y retrouve sa malice, son sens du contretemps, sa tendresse pour la galerie du village. La drôlerie de la série est là, puisée à la source.
- Un Uderzo à pleine maturité graphiqueLe vrai apport de 1989 est le dessin. Libéré des cases, Uderzo compose de pleines pages amples, croque les versions enfantines des personnages et soigne les décors. Les couleurs douces de Thierry Mébarki ajoutent une chaleur immédiate: le livre séduit d'abord par ses images.
- Le sauvetage d'une page oubliéeEn reprenant en album une courte histoire de Pilote longtemps introuvable, Uderzo a offert une seconde vie à un texte que peu de lecteurs connaissaient. Le geste, accompli seul après la mort de Goscinny, se lit comme un acte de fidélité au berceau des personnages.
Réserves
- Un récit mince, un peu étiréL'histoire, née comme une brève de revue, se dilate sur trente-deux pages. L'intrigue reste ténue et la scène-titre presque expédiée: on tient un album de famille étoffé plus qu'une véritable aventure, et le propos semble parfois allongé pour remplir la pagination.
- Le format hybride perd le rythme comiqueEn troquant cases et bulles pour la pleine page et le texte suivi, l'album sacrifie la mécanique de la BD, ce minutage du gag qui fait le sel des grands Astérix. Ni bande dessinée ni livre d'images, l'objet séduit l'œil mais reste plus statique.
- Une légende plus belle sous-entendueExpliquer par le menu un gag qui vivait de son non-dit lui retire une part de sa magie. Le ressort était plus drôle tant qu'il restait une pirouette, non une chronique. Même signé Goscinny, le dévoilement change un mystère réjouissant en anecdote.
À qui s’adresse ce livre ?
Ce livre s'adresse d'abord aux fidèles d'Astérix, ceux qui connaissent par cœur la réplique dont il tire son titre et savoureront d'en voir l'origine mise en images. Son format d'album illustré le rend idéal à lire à voix haute: les jeunes enfants y entrent facilement. Ce n'est en revanche pas la porte d'entrée dans la série: qui la découvre gagnera à commencer par les grands albums de la période Goscinny (Astérix légionnaire, Le Domaine des dieux, Astérix chez les Bretons). Un supplément affectueux, à goûter une fois la saga déjà aimée.
Informations sur l’édition
L’ISBN, l’éditeur, la langue de publication, le format et la pagination appartiennent à l’édition. L’œuvre, elle, ne porte que son titre canonique et sa date de première publication.
| Édition | Éditeur | Parution | Format | ISBN | Disponibilité |
|---|---|---|---|---|---|
| Comment Obélix est tombé dans la marmite du Druide quand il était petit | Editions Albert René | n.c. | Autre · Français | 978-2-86497-039-2 | Non renseigné |
Sources et date de mise à jour
Critique publiée le 18 août 2026, mise à jour le 18 août 2026.