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MangaLangue d’origine : Japonais

Davy Back Fight !!

Première publication
2006
Éditions référencées
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De quoi parle ce livre ?

Trente-troisième tome de One Piece, ce volume réunit les chapitres 306 à 316 et poursuit l'arc Long Ring Long Land, qui ouvre la saga Water Seven. Le tournoi engagé au tome précédent y occupe toute la place : le Davy Back Fight, affrontement codifié entre équipages pirates dont chaque manche gagnée permet au vainqueur d'enrôler un membre du camp adverse. La première épreuve, la Donut Race, est une course de barques où les concurrents se gênent autant qu'ils rament. Vient ensuite le Groggy Ring, jeu de ballon d'une brutalité assumée, que les Chapeaux de paille disputent aux Groggy Monsters. Reste le Main Event, troisième et dernière manche, qui met cette fois les deux capitaines face à face, Luffy contre Foxy, et le tome se referme sur ce duel encore indécis. En chemin, Eiichirō Oda déploie l'essentiel de la bande adverse, Porché, Hamburg, Big Pan et Itomimizu, et pousse la porte de la pièce secrète du navire de Foxy. Un volume entièrement voué au jeu, dont le titre, « Davy Back Fight !! », annonce le programme sans détour.

Résumé rédigé par la rédaction. Aucun texte de quatrième de couverture n’est repris.

Que vaut ce livre ?

3/ 5

Note sur 5, par demi-points, sur notre échelle documentée.

Le tournoi pour seul horizon : un tome de récréation assumée

Il arrive qu'un tome de One Piece ne fasse avancer aucune intrigue et ne s'en excuse pas. Le trente-troisième est de ceux-là : il s'ouvre sur la première épreuve d'un tournoi engagé au tome précédent, se referme au milieu du même tournoi, et tout ce qui se joue entre les deux relève du règlement plutôt que du destin. Après l'ampleur mythologique de l'île céleste, Eiichirō Oda prend le contrepied et consacre onze chapitres à des barques, à un ballon et à un duel de capitaines. Reste à savoir ce que vaut pareil volume lu d'un bloc, en tome relié, plutôt que semaine après semaine dans le Weekly Shonen Jump.

Le Davy Back Fight est d'abord un dispositif, et c'est par là qu'il faut le juger. Oda pose un règlement, l'annonce, puis s'y tient : trois manches, la même mise à chaque fois, un membre d'équipage qui passe d'un bord à l'autre. Le procédé produit de la tension sans convoquer la mort, ce qui n'est pas si courant dans une série où les affrontements finissent d'ordinaire en démolition. La menace n'est plus de perdre la vie mais de perdre quelqu'un, et l'idée est plus fine qu'elle n'en a l'air, puisqu'elle place au centre du volume la composition même de l'équipage.

Le découpage porte encore la trace de la prépublication hebdomadaire : chaque épreuve occupe trois ou quatre chapitres, chacun s'achevant sur un renversement calibré pour faire attendre sept jours. Lu d'une traite, l'effet change. La Donut Race enchaîne vite, le Groggy Ring s'étire, et le mécanisme des relances successives se laisse voir bien plus nettement qu'il ne devait le faire en magazine. Le tome n'en est pas ruiné, mais il se lit pour ce qu'il est, un long milieu.

Le dessin, lui, ne faiblit pas. Oda reste l'un des rares auteurs de shonen capables de rendre lisible en noir et blanc une mêlée où les corps s'empilent autour d'un ballon : trames sobres, silhouettes contrastées, onomatopées qui servent le rythme de la planche au lieu de l'encombrer. La bande de Foxy, Porché, Hamburg, Big Pan et Itomimizu, relève d'un plaisir de dessinateur autant que de scénariste ; chaque nouvelle tête est un gag graphique réglé sur une disproportion. Le commentaire d'Itomimizu, qui accompagne l'action d'une voix de retransmission sportive, donne au volume son air de spectacle diffusé en direct.

Reste la construction d'ensemble. Le tome couvre trois manches d'un tournoi commencé au volume précédent et se referme sur un Main Event que rien ne tranche : règle du feuilleton, certes, mais l'impression est ici singulière, car le volume n'a ni début propre ni fin propre. Le détour par la pièce secrète du navire de Foxy fournit le seul moment où le récit regarde ailleurs que vers le terrain de jeu, et l'on mesure alors combien Oda tient, pour une fois, à ne rien préparer d'autre. Entre l'île céleste que l'on quitte et ce que la saga Water Seven réserve, ce trente-troisième volume est une respiration, et il faut l'accepter comme telle pour y prendre du plaisir.

Notre verdictUn tome de pur jeu, cohérent avec lui-même et joyeusement mineur. Oda y déploie ce qu'il fait de mieux dans l'action comique : une lisibilité de mêlée que peu d'auteurs atteignent, une galerie d'adversaires mémorables en trois traits, un commentaire sportif qui transforme la bagarre en retransmission. Il renonce en revanche à toute progression, puisque rien ne se noue et que le duel des capitaines s'interrompt à la fin du volume sans verdict. Lu isolément, le tome paraît long ; lu à sa place, entre l'île céleste et ce qui attend l'équipage ensuite, il fait office de sas, avec assez de métier pour ne pas maltraiter la patience du lecteur. On le referme diverti plutôt que remué, ce qui, pour un tome intermédiaire, reste une réussite modeste mais réelle.

Points forts

  • Un règlement qui tient lieu de moteur dramatiqueLes épreuves ne valent pas par leur violence mais par leur mise: le perdant cède un équipier. Oda obtient de la tension sans recourir à la menace de mort, et fait de la composition des Chapeaux de paille l'enjeu réel du volume.
  • Une lisibilité d'action exemplaireLe Groggy Ring empile les corps autour d'un ballon, et l'on suit pourtant chaque geste. Trames sobres, silhouettes contrastées, onomatopées posées comme des repères de lecture: la planche en noir et blanc reste claire là où bien des séries d'action se brouillent.
  • Le bestiaire de Foxy, gag graphique permanentPorché, Hamburg, Big Pan, Itomimizu: chaque adversaire est bâti sur une disproportion et s'imprime aussitôt. Le commentaire sportif d'Itomimizu, greffé sur l'action, installe un ton de retransmission qui donne au tome son unité.

Réserves

  • Un tome sans commencement ni conclusionLe volume s'ouvre sur la première manche d'un tournoi engagé au tome précédent et se referme sur un duel indécis. Le découpage en tankobon ne lui donne ici aucune unité propre: c'est une tranche de feuilleton, et qui attendait un mouvement d'ensemble referme le livre avec le sentiment d'avoir patienté.
  • Une menace qui ne pèse jamais très lourdParce qu'il s'agit d'un jeu réglé, dont les manches s'enchaînent et se compensent, l'inquiétude installée reste douce. La série a habitué à des dangers autrement plus lourds, et l'on devine vite que rien d'irréparable ne se jouera sur ce terrain.
  • Une structure qui se répèteTrois épreuves, trois montées identiques: exposé des règles, entorse de l'adversaire, riposte de l'équipage. Le Groggy Ring s'attarde particulièrement, et le procédé finit par se voir davantage que l'action qu'il soutient.

À qui s’adresse ce livre ?

Ce tome s'adresse aux lecteurs déjà embarqués dans la série, qui la suivent dans l'ordre et acceptent qu'un volume sur trente-trois serve de récréation. Ce n'est en aucun cas une porte d'entrée : sans le tome précédent, ni les règles du tournoi ni l'enjeu du pari n'ont de sens. Les plus jeunes y trouveront sans doute le meilleur du volume, tant l'humour visuel, le rythme sportif et les silhouettes grotesques de l'équipage adverse leur sont directement adressés. Ceux qui viennent à One Piece pour l'aventure au long cours, les révélations et la géographie de Grand Line devront patienter, ou lire ces onze chapitres comme un intermède avant la suite de l'arc.

Informations sur l’édition

L’ISBN, l’éditeur, la langue de publication, le format et la pagination appartiennent à l’édition. L’œuvre, elle, ne porte que son titre canonique et sa date de première publication.

Aucune édition référencée pour cette œuvre.

Sources et date de mise à jour

Critique publiée le 20 août 2026, mise à jour le 20 août 2026.