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Couverture de DEATH NOTE BLACK EDITION - Tome 1

Bande dessinée

DEATH NOTE BLACK EDITION - Tome 1

Première publication
2010
Éditions référencées
1

De quoi parle ce livre ?

Death Note Black Edition Tome 1, paru chez Kana, est une edition reliee qui rassemble les deux premiers volumes du manga Death Note, scenarise par Tsugumi Ohba et dessine par Takeshi Obata. Le recit suit Light Yagami, lyceen japonais brillant, lasse d'un monde qu'il juge corrompu, qui ramasse un cahier noir, le Death Note, laisse tomber sur Terre par le shinigami (dieu de la mort) Ryuk. La regle centrale: toute personne dont le nom est inscrit dans le cahier meurt, a condition que celui qui ecrit ait son visage en tete. Light entreprend alors d'eliminer les criminels pour batir un monde purge du mal dont il se veut le dieu; l'opinion le surnomme Kira. Ces morts inexpliquees mobilisent la police japonaise et l'Interpol, qui sollicitent un detective anonyme et repute, connu sous la seule initiale L. Le volume installe le duel intellectuel entre Light et L, fait de pieges et de manipulations, et amorce l'enquete menee par des agents du FBI. Les enjeux portent sur la justice, le pouvoir de donner la mort et les limites morales de l'action de Light.

Résumé rédigé par la rédaction. Aucun texte de quatrième de couverture n’est repris.

Que vaut ce livre ?

4,5/ 5

Note sur 5, par demi-points, sur notre échelle documentée.

Death Note, Black Edition Tome 1: le grand duel cerebral du manga moderne

Reuni dans un format prestige a la tranche noire, ce premier tome de la Black Edition rassemble les deux premiers volumes de Death Note et pose l'une des mecaniques narratives les plus redoutables du manga contemporain. Sous couvert de fantastique (un carnet qui tue toute personne dont on inscrit le nom en pensant a son visage), Tsugumi Ohba au scenario et Takeshi Obata au dessin batissent un thriller cerebral ou tout se joue dans la deduction et la manipulation, la ou l'action s'efface derriere la strategie.

Des les premieres pages, le recit installe son moteur. Light Yagami, lyceen surdoue et desabuse, ramasse le carnet abandonne par le shinigami Ryuk. La regle est simple et implacable (ecrire un nom en visualisant le visage entraine la mort), mais Ohba en tire une infinite de variations. Le premier des deux volumes reunis ici tient de l'experience quasi clinique: Light eprouve les limites du carnet, se persuade qu'il purge le monde et endosse le nom de Kira que le public lui attribue. Detail souvent neglige: Ryuk n'est pas un tentateur mais un spectateur qui s'ennuie, indifferent au sort de Light et l'avertissant qu'il inscrira lui-meme son nom le moment venu. Toute la culpabilite retombe ainsi sur les seules epaules de Light.

Le basculement s'opere avec l'entree de L, detective anonyme qui releve le defi par la fameuse sequence televisee de Lind L. Taylor, piege logique qui reduit d'un coup le champ des suspects a la region du Kanto. Le second volume deplace l'affrontement sur le terrain de l'enquete: douze agents du FBI depeches au Japon, filatures, manipulation de Raye Penber, puis confrontation glacante avec Naomi Misora, dont l'issue montre jusqu'ou Light est pret a aller.

La construction repose sur une alternance de points de vue qui place le lecteur en surplomb, temoin des calculs des deux camps: cette ironie dramatique remplace le suspense de l'ignorance par celui de l'anticipation. Le style d'Ohba privilegie le monologue interieur dense et les retournements en cascade, servis par un decoupage d'Obata d'une elegance froide, tout en jeux d'ombres et cadrages en plongee. Le theme central, la tentation de la toute-puissance, se double d'une reflexion ambigue sur la justice: le manga ne tranche jamais, laissant le lecteur d'abord seduit par la logique de Kira, puis mal a l'aise devant ce qu'elle implique.

Notre verdictDeath Note Black Edition Tome 1 rappelle pourquoi la serie fait figure de classique: un thriller d'une intelligence rare, ou chaque scene fonctionne comme un coup d'echecs et ou la tension nait de l'anticipation plus que de l'action. Le format prestige rend justice au trait d'Obata et offre une porte d'entree ideale. Reste une densite verbale exigeante, revers d'une ambition assumee.

Points forts

  • Un duel intellectuel implacableL'affrontement entre Light et L ne repose pas sur la force mais sur la deduction, le piege et le contre-piege. Chaque avancee de l'un appelle la riposte de l'autre, transformant le recit en partie d'echecs ou le lecteur anticipe et redoute les coups a venir.
  • Le trait magistral de Takeshi ObataLe dessin allie realisme et theatralite: cadrages audacieux, jeux d'ombres et ces expressions de triomphe presque demoniaques qui font basculer un visage lisse de lyceen dans la folie. La mise en scene sert directement la tension psychologique.
  • Une ambiguite morale assumeeLe manga refuse de trancher entre justice et tyrannie. On adhere d'abord a la logique de Kira avant d'en mesurer la monstruosite, ce qui rend le lecteur complice puis mal a l'aise: c'est la le veritable sujet de l'oeuvre.

Réserves

  • Une densite verbale exigeanteLe recit carbure aux monologues interieurs et aux recapitulatifs de raisonnement, parfois relayes par des pages de regles. Indispensable a la mecanique deductive, cette abondance de texte peut peser et ralentir la lecture pour qui cherche un manga plus contemplatif.
  • Des personnages feminins en retraitMalgre la remarquable Naomi Misora, les figures feminines de ce debut de serie existent surtout en fonction des hommes et de l'intrigue de Light. Leur role demeure largement instrumental, une limite qui se confirmera par la suite.
  • Un heros qui tient a distanceLe cynisme de Light et sa froideur calculatrice font tout le sel du personnage mais interdisent l'attachement. Qui cherche une figure a laquelle s'identifier restera sur le seuil de ce huis clos mental.

À qui s’adresse ce livre ?

Ce tome s'adresse avant tout aux amateurs de thrillers cerebraux, a ceux qui aiment voir deux intelligences se livrer un bras de fer de deduction. Les themes sombres (meurtre, justice expeditive, manipulation) et une reelle violence psychologique le reservent a un public adolescent averti et adulte. Le format Black Edition, soigne et de grand format, en fait une porte d'entree exemplaire pour les curieux comme pour les collectionneurs. Les amateurs d'action pure ou de legerete, eux, devront chercher ailleurs: ici, tout se joue dans la tete des personnages.

Informations sur l’édition

L’ISBN, l’éditeur, la langue de publication, le format et la pagination appartiennent à l’édition. L’œuvre, elle, ne porte que son titre canonique et sa date de première publication.

Éditions référencées, avec ISBN, éditeur, date de parution et format
ÉditionÉditeurParutionFormatISBNDisponibilité
DEATH NOTE BLACK EDITION - Tome 1KanaBroché · 392 p. · Français978-2-505-00905-4Non renseigné

Sources et date de mise à jour

Critique publiée le 18 août 2026, mise à jour le 18 août 2026.