
I"s T13
- AuteurMasakazu Katsura
- Première publication
- 2000
- Éditions référencées
- 1
- Genres
- MangaBande dessinéeRoman
De quoi parle ce livre ?
« I"s » (prononcé « Aizu ») est une série de manga de Masakazu Katsura, prépubliée dans le Weekly Shonen Jump de 1997 à 2000 et réunie en quinze tomes. Il s'agit d'une comédie romantique lycéenne centrée sur Ichitaka Seto, adolescent timide amoureux de sa camarade Iori Yoshizuki, jeune fille populaire qui aspire à une carrière de mannequin et d'actrice. L'intrigue se complique avec le retour d'Itsuki Akiba, amie d'enfance revenue des États-Unis, qui installe un triangle amoureux. Au fil des volumes, Katsura développe les hésitations, les malentendus et les rapprochements des personnages, sur fond de vie scolaire, de petits emplois et de passage vers l'âge adulte. Le tome 13 s'inscrit dans le dernier tiers de la série, où les enjeux portent sur la clarification durable de la relation entre Ichitaka et Iori, ainsi que sur les choix personnels et professionnels qui éloignent ou réunissent les protagonistes. Katsura est également l'auteur de Video Girl Ai (Denei Shojo Ai) et de Zetman.
Résumé rédigé par la rédaction. Aucun texte de quatrième de couverture n’est repris.
Que vaut ce livre ?
I"s, tome 13 : Katsura et la mécanique du désir adolescent
Treizième des quinze volumes de la série culte de Masakazu Katsura, ce tome appartient au dernier tiers de I"s, longue romance lycéenne prépubliée dans le Weekly Shonen Jump entre 1997 et 2000. Katsura, déjà reconnu pour Video Girl Ai et DNA², y conduit vers son terme une formule qu'il a patiemment affinée : le sentiment amoureux étiré sur des centaines de pages, habité par le désir, la jalousie et l'idéalisation de l'être aimé. L'intérêt d'un volume aussi avancé tient moins à un coup de théâtre qu'à la façon dont l'auteur resserre l'étau autour d'Ichitaka Seto, lycéen tétanisé par ses propres sentiments, et d'Iori Yoshizuki, l'objet de sa dévotion. C'est l'occasion d'interroger ce qui fait la singularité, et aussi les limites, de ce classique du manga romantique de la fin des années 1990.
Sur le plan de la construction, ce tome illustre le savoir-faire de Katsura en matière de feuilleton sentimental. Chaque chapitre avance par petites poussées émotionnelles, ménage une attente et se referme souvent sur une note suspensive, mécanique héritée de la prépublication hebdomadaire, où il fallait retenir le lecteur d'un numéro à l'autre. Le récit repose presque entièrement sur la voix intérieure d'Ichitaka, narrateur anxieux dont les monologues traduisent l'insécurité, l'autodénigrement et la tendance à imaginer le pire. Cette focalisation subjective est la vraie colonne vertébrale de la série : elle transforme des situations minuscules (un regard mal interprété, un silence, un rendez-vous manqué) en épreuves intimes démesurées, fidèles à la manière dont l'adolescence amplifie le moindre signe. Le revers de cette intériorité constante est une intrigue qui progresse lentement, moins par les événements que par les fluctuations d'un état d'âme.
Le style graphique confirme la réputation de l'auteur. Le trait est net, la mise en page limpide, le découpage souvent cinématographique, alternant plans larges et gros plans pour cadrer l'émotion au plus près. Surtout, les visages portent une expressivité rare, capable de faire basculer une planche de la comédie à la mélancolie en quelques cases. Katsura est célèbre pour ses figures féminines, dessinées avec un soin quasi photographique, et Iori comme Itsuki relèvent d'un idéal de beauté qui structure tout le propos : la femme désirée y est autant un personnage qu'une image fantasmée, ce que la série assume par un érotisme diffus et un fanservice récurrent, indissociable du regard masculin qui organise le récit.
Les thèmes, enfin, atteignent une forme de maturation. Après des volumes construits sur le triangle amoureux et les rivalités, le dernier tiers déplace la tension vers une question plus adulte : comment un attachement né au lycée résiste-t-il au temps, à la distance et à des trajectoires qui commencent à diverger. L'idéalisation, moteur du récit, se heurte au réel, et le désir se double d'une peur de perdre. Katsura travaille l'écart entre le fantasme et la personne réelle, entre ce qu'Ichitaka projette sur Iori et ce qu'elle est vraiment, que le héros ne parvient jamais à combler faute d'oser parler. C'est là que la série est la plus juste : elle fait de la timidité non un simple ressort comique, mais l'obstacle central, presque douloureux. Reste que ce volume, davantage qu'un aboutissement autonome, fonctionne comme un palier de tension avant le dénouement : il resserre les enjeux sans offrir de résolution propre, ce qui en fait un maillon nécessaire mais un fragment difficile à juger isolément.
Notre verdictÀ ce stade, I"s est une valeur sûre du manga romantique, et ce treizième tome en offre une tranche représentative : le meilleur (la finesse du dessin, la sincérité des tourments intérieurs, l'efficacité du suspense sentimental) comme le plus discutable (les ressorts répétitifs du quiproquo et un érotisme qui a vieilli). Ce n'est pas un volume que l'on recommande seul, car il vaut surtout par sa place dans une progression d'ensemble qui approche de sa résolution. Pour qui a accompagné Ichitaka et Iori depuis le début, il tient ses promesses et prépare le terrain du dénouement avec une tension bien dosée. Pour un lecteur neuf, il restera opaque. Un jalon solide et attachant d'un classique du genre, plus qu'un sommet autonome.
Points forts
- Un dessin d'orfèvreLe trait de Katsura reste d'une netteté remarquable et sa direction des visages atteint une expressivité peu commune, capable de faire passer une planche de la légèreté au serrement de cœur. Les character designs féminins, sa signature, et un découpage volontiers cinématographique donnent à la série une présence visuelle immédiatement reconnaissable.
- La vérité des tourments intérieursEn confiant la narration au monologue anxieux d'Ichitaka, Katsura capte avec justesse l'insécurité adolescente, l'autodénigrement et la propension à dramatiser le moindre signe. Cette subjectivité rend crédibles des enjeux qui, racontés de l'extérieur, paraîtraient dérisoires, et fait de la timidité un vrai ressort dramatique.
- Une mécanique de feuilleton maîtriséeHéritée de la prépublication hebdomadaire, la construction par petites poussées émotionnelles et fins de chapitre suspensives entretient une lecture addictive, propre à donner envie d'enchaîner aussitôt sur le tome suivant.
Réserves
- Le quiproquo comme carburantLa série, et ce tome ne fait pas exception, s'appuie beaucoup sur les malentendus et les non-dits pour relancer la tension. À la longue, ce ressort peut sembler artificiel et engendrer une frustration, l'intrigue paraissant retardée autant que nourrie par ces obstacles que le moindre échange sincère suffirait à lever.
- Un érotisme qui a vieilliLe fanservice diffus et le regard très masculin porté sur les personnages féminins, s'ils font partie de l'identité de l'auteur, datent nettement l'œuvre et peuvent gêner un lectorat contemporain plus sensible à l'objectivation.
- Un fragment tributaire de l'ensembleTreizième maillon d'une série de quinze tomes, ce volume n'offre pas de résolution autonome: son intérêt tient à sa position dans l'arc final, ce qui le rend difficile à apprécier sans les volumes qui le précèdent.
À qui s’adresse ce livre ?
Ce volume s'adresse d'abord aux lecteurs qui suivent déjà la série : entamer I"s par son treizième tome n'aurait guère de sens, tant l'émotion repose sur l'accumulation patiente des volumes précédents. Il comblera les amateurs de romance adolescente et de shonen sentimental de la grande époque du Weekly Shonen Jump, ceux qui goûtent le mélange de comédie, de tension amoureuse et de mélancolie propre à Katsura, ainsi que les lecteurs sensibles à un dessin classique et soigné. En revanche, il conviendra mal à qui cherche un récit riche en action, à qui supporte difficilement les hésitations répétées d'un héros passif, ou à qui juge daté l'érotisme complaisant et le regard très masculin porté sur les personnages féminins. Ce n'est donc ni une porte d'entrée, ni un livre pour les réfractaires au mélodrame sentimental à combustion lente.
Informations sur l’édition
L’ISBN, l’éditeur, la langue de publication, le format et la pagination appartiennent à l’édition. L’œuvre, elle, ne porte que son titre canonique et sa date de première publication.
| Édition | Éditeur | Parution | Format | ISBN | Disponibilité |
|---|---|---|---|---|---|
| I"s T13 | DELCOURT | Broché · 184 p. · Français | 978-2-84580-165-3 | Non renseigné |
Sources et date de mise à jour
Critique publiée le 19 août 2026, mise à jour le 19 août 2026.