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MangaLangue d’origine : Japonais

"Je ne mourrai pas !"

Première publication
2001
Éditions référencées
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De quoi parle ce livre ?

Huitième tome de One Piece, ce volume couvre les chapitres 063 à 071 : il referme l'arc du Baratie et ouvre celui d'Arlong Park, toujours au sein de la saga East Blue. Il commence en plein duel, au-dessus du restaurant flottant, Luffy tenant tête à Don Krieg. Le pirate sort sa lance de guerre, puis son armure ; le chapeau de paille brise l'une après l'autre et finit par le vaincre, avant que Sanji ne le sauve d'une chute à l'eau. La bataille close, Luffy revient à sa vraie affaire : recruter le cuisinier. Les adieux au Baratie sont larmoyants, et le cuisinier rejoint enfin l'équipage au moment où Yosaku rapporte où se trouve Nami. La réponse déplace tout le récit : la navigatrice appartient à l'équipage d'Arlong, un homme-poisson, et Yosaku profite de la traversée pour expliquer ce que sont les grands corsaires. Le dernier tiers accoste à Arlong Park : Zoro s'y aventure et se fait prendre, tandis qu'Usopp doit son salut à Nojiko, la sœur adoptive de Nami, qui lui apprend quelle emprise le pirate exerce sur la région. Le volume se referme sur cette entrée en matière, l'affrontement principal restant tout entier devant.

Résumé rédigé par la rédaction. Aucun texte de quatrième de couverture n’est repris.

Que vaut ce livre ?

3,5/ 5

Note sur 5, par demi-points, sur notre échelle documentée.

Krieg vaincu, Sanji embarqué, Arlong en embuscade

Neuf chapitres, deux arcs, une charnière nette au chapitre 67 : ce huitième volume passe sa première moitié à liquider un combat commencé au tome précédent, puis change de cap et met le récit en route vers une île dont la série ne connaît encore que la réputation. Entre les deux, l'équipage gagne un membre. Peu de pages pour un tel travail d'aiguillage, et c'est précisément ce qui rend l'objet intéressant à observer : on y voit un auteur de prépublication hebdomadaire régler une fin de bataille, un recrutement et un lancement d'intrigue dans le même tome relié.

Le découpage est franchement bipartite, et Oda ne masque pas la couture. Les quatre premiers chapitres achèvent le duel contre Don Krieg selon un principe d'escalade très lisible : à chaque livraison son arme et sa destruction, la lance de guerre d'abord, l'armure ensuite, jusqu'à la mise à terre. La logique du Weekly Shonen Jump s'entend nettement ici, chaque chapitre devant offrir son morceau de bravoure et sa fin suspendue. Lu en tankobon, l'ensemble gagne en continuité ce qu'il perd en tension : le combat se déroule d'une traite, et l'on mesure mieux que l'enjeu n'a jamais été la puissance mais la capacité d'encaisser.

Le dessin va dans le même sens. Oda oppose en noir et blanc des masses très contrastées : l'arsenal de Krieg forme une silhouette hérissée, presque saturée, face à un héros réduit à des courbes simples et à un chapeau. La conduite du regard de droite à gauche exploite les cases larges pour installer les chutes et les plongées, et les grandes vignettes absorbent l'essentiel de l'espace dès qu'un coup porte. Le procédé est efficace, mais coûteux en pages : ces quatre chapitres occupent beaucoup et avancent peu.

La bascule intervient ensuite et donne au tome sa meilleure séquence. Le départ du Baratie est ouvertement larmoyant, et Oda l'assume sans ironie : après des dizaines de planches de bagarre burlesque, il passe d'un coup au sentiment, sans transition ni précaution. Ce qui préserve la scène, c'est sa brièveté. Là où le combat s'étirait sur quatre chapitres, le recrutement du cuisinier en occupe deux, et ce seul écart de tempo fait le travail dramatique. Sanji s'engage dans le mouvement même où le navire lève l'ancre.

La dernière partie relance sur un autre régime. Le renseignement de Yosaku sur Nami, l'aveu de la navigatrice, l'exposé sur les grands corsaires et l'entrée en scène des hommes-poissons arrivent en bloc, au moment exact où le récit en a besoin. L'exposition est utilitaire, confiée à des comparses qui décrivent le monde parce qu'il faut bien que quelqu'un le fasse, mais elle change l'échelle de la série : East Blue n'était qu'un couloir d'adversaires isolés, la voilà région tenue par des puissances organisées, et l'on apprend qu'il existe des pirates reconnus par les autorités. Que le volume s'achève sur Zoro capturé, sur Usopp sauvé par Nojiko, puis sur ce que celle-ci lui apprend de l'emprise d'Arlong, relève de la même stratégie : ouvrir large, ne rien trancher, laisser un antagoniste presque invisible occuper tout l'horizon. Comme fraction de récit, le tome remplit exactement son office, à condition d'accepter qu'il soit un sas plutôt qu'une étape.

Notre verdictUn tome de transition parfaitement conscient de l'être, et qui en tire le meilleur parti disponible. La fin du duel contre Don Krieg s'étire, victime d'une escalade répétitive qui trahit son origine hebdomadaire, mais la rupture de régime qui suit rachète l'affaire : en deux chapitres, Oda règle des adieux larmoyants et un recrutement avec une franchise que peu de shonen osent à ce stade, puis embarque aussitôt le récit ailleurs. La dernière partie, plus utilitaire, installe Arlong Park sans presque rien en montrer et confie son exposition à deux comparses un peu trop diserts. On referme un volume qui ne raconte pas une histoire complète mais qui fait ce qu'un huitième tome doit faire : agrandir l'équipage, agrandir la carte, donner envie du suivant.

Points forts

  • Un contraste de rythme parfaitement doséQuatre chapitres de combat ample, saturé de grandes cases, puis deux chapitres d'adieux et de départ: ce décrochage de tempo au milieu du volume est son meilleur effet de construction. L'émotion porte d'autant mieux qu'elle succède sans transition à la démesure, et le tome trouve là son unité alors qu'il raconte deux choses distinctes.
  • Un adieu au Baratie assumé jusqu'aux larmesOda ne cherche ni la retenue ni le second degré: la séparation est franchement larmoyante et tient pourtant en peu de planches. C'est l'un des premiers moments où la série montre qu'elle sait installer un personnage ailleurs que dans un affrontement, et où le cuisinier existe autrement que comme adversaire ou faire-valoir comique.
  • Un élargissement du monde arrivé au bon momentL'exposé sur les grands corsaires et l'apparition des hommes-poissons redimensionnent East Blue juste avant que la région ne s'épuise en duels successifs. Le tome ne se contente pas de passer d'un arc à l'autre: il change l'échelle de la menace et fait de Nami, jusque-là compagne de route insaisissable, l'enjeu central de la suite.

Réserves

  • Une escalade de combat qui tourne au mécanismeLe duel contre Don Krieg progresse par ajout d'armes, chaque chapitre exhibant un équipement neuf aussitôt détruit. Le procédé fonctionne à la semaine, beaucoup moins en volume relié, où la répétition saute aux yeux et où quatre chapitres tiennent au fond en une seule idée.
  • Une exposition posée sur les épaules des comparsesLe renseignement sur Nami, la nature des grands corsaires, puis l'emprise d'Arlong sur la région transitent presque entièrement par Yosaku et Nojiko, chargés de dire au lecteur ce qu'il doit savoir. L'information est nécessaire, son acheminement reste frontal et casse un peu l'élan que la scène du Baratie venait de créer.
  • Un volume qui se referme sur une explicationLe tome s'arrête au seuil de l'affrontement annoncé, sur une mise au point plutôt que sur un coup d'éclat. Lecture confortable pour qui possède la suite, franchement frustrante pour qui découvre la série tome par tome et se retrouve avec un arc à peine entamé.

À qui s’adresse ce livre ?

Volume à réserver aux lecteurs déjà engagés dans la série : il achève un combat commencé au tome précédent et n'en conclut aucun autre. Il conviendra particulièrement à ceux qui suivent One Piece pour la construction de l'équipage plutôt que pour les affrontements, puisque c'est ici que le groupe s'agrandit et que l'équilibre du bord se modifie. Les amateurs de shonen d'action y trouveront un morceau de bravoure généreux mais prévisible, tandis que les lecteurs attentifs à la mécanique du récit apprécieront de voir Oda préparer un arc entier en quelques chapitres. Accessible aux plus jeunes, le tome comporte des scènes de combat appuyées et une violence assumée qui le situent plutôt à partir de dix ou onze ans. Il se lit dans le sens japonais, de droite à gauche, comme toute l'édition Glénat.

Informations sur l’édition

L’ISBN, l’éditeur, la langue de publication, le format et la pagination appartiennent à l’édition. L’œuvre, elle, ne porte que son titre canonique et sa date de première publication.

Aucune édition référencée pour cette œuvre.

Sources et date de mise à jour

Critique publiée le 20 août 2026, mise à jour le 20 août 2026.