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Couverture de L'aéroschtroumpf, tome 14

Bande dessinée

L'Aéroschtroumpf

Première publication
1990
Éditions référencées
1

De quoi parle ce livre ?

L'Aéroschtroumpf n'est pas un récit unique mais un recueil réunissant cinq histoires courtes du petit peuple bleu. L'album emprunte son titre à la première d'entre elles, à laquelle s'ajoutent « La Gourmandise chez les Schtroumpfs », « Le Schtroumpfeur masqué », « Puppy et les Schtroumpfs » et « Les Farces du Schtroumpf farceur ». Dans l'histoire-titre, c'est le Schtroumpf Bricoleur qui construit un avion, promesse d'un vieux rêve : s'élever enfin au-dessus de la forêt. Mais l'aventure prend un tour plus grave lorsque Gargamel, l'éternel ennemi des Schtroumpfs, enlève la Schtroumpfette et réclame une rançon. L'engin volant, d'abord simple objet de curiosité, devient alors le moyen d'une expédition de sauvetage qui se dénoue dans les airs, au terme d'un affrontement aérien. Les quatre autres récits, plus brefs, déclinent sur un ton léger les ressorts familiers de la série, de la gourmandise aux facéties du Schtroumpf farceur. Quatorzième album de la série créée par Peyo, ce recueil illustre la variété de formats et de tons que le studio sait donner à ses petites créatures bleues.

Résumé rédigé par la rédaction. Aucun texte de quatrième de couverture n’est repris.

Que vaut ce livre ?

3,5/ 5

Note sur 5, par demi-points, sur notre échelle documentée.

Un envol, un rapt et quelques facéties

Avec L'Aéroschtroumpf, quatorzième album de la série, Peyo et son studio ne livrent pas une aventure au long cours mais un recueil de cinq histoires courtes. La première, qui donne son titre à l'ensemble, part d'une idée chère au petit peuple bleu : et si l'on pouvait voler ? Le Schtroumpf Bricoleur y construit un avion, avant que l'enlèvement de la Schtroumpfette par Gargamel ne fasse basculer le récit dans l'aventure et le sauvetage. Autour d'elle gravitent quatre saynètes plus légères, qui déclinent la gourmandise, la farce et les petits riens du quotidien au village. Bref, lisible et lumineux, l'album vise d'abord les jeunes lecteurs sans négliger les adultes qui les accompagnent.

La forme même de l'album mérite qu'on s'y arrête : il ne s'agit pas d'un récit unique mais d'un recueil de cinq histoires, où une aventure plus développée, l'histoire-titre, voisine avec quatre saynètes plus brèves. Ce format d'anthologie, courant dans la série, offre une lecture souple, faite d'entrées multiples : on peut lire d'une traite ou picorer au gré des envies, ce qui convient bien à un jeune public encore en apprentissage de la bande dessinée.

L'histoire-titre condense les ressorts les plus efficaces de l'univers de Peyo. Le point de départ tient de la petite merveille technique : le Schtroumpf Bricoleur construit un avion, et l'engin cristallise le vieux rêve de voler. Mais l'album ne s'en tient pas à la seule prouesse mécanique : l'enlèvement de la Schtroumpfette par Gargamel, contre rançon, fait bifurquer le récit vers l'aventure et le sauvetage, jusqu'à un affrontement dans les airs. La présence de l'éternel ennemi ancre l'épisode dans la tension familière du village menacé, où l'ingéniosité collective finit par l'emporter. Les quatre autres récits, plus légers, jouent quant à eux la carte du gag et de la variation de ton, de la gourmandise à la facétie, sans jamais chercher l'ampleur de l'histoire d'ouverture.

Graphiquement, on est en pleine école de Marcinelle. Le trait rond et dynamique, la lisibilité des attitudes, l'expressivité des petits visages bleus et le sens du mouvement inscrivent l'album dans la filiation du journal Spirou. Les décors de forêt, les intérieurs de champignons et surtout les échappées aériennes offrent au dessin de belles occasions de déployer sa vivacité. La mise en couleurs, franche et lumineuse, sert cette clarté d'ensemble. On reste dans une facture de studio, très maîtrisée, un rien lissée au regard des tout premiers albums, mais parfaitement efficace au service du récit.

Notre verdictL'Aéroschtroumpf n'est pas l'album le plus ambitieux de la série, mais c'est un recueil plaisant, mené avec le métier d'un studio au sommet de son savoir-faire. L'histoire-titre en constitue le moment fort : le rêve de voler, l'avion du Schtroumpf Bricoleur, puis l'enlèvement de la Schtroumpfette par Gargamel offrent un beau mélange d'invention et d'aventure, jusqu'à l'affrontement aérien. Autour, quatre saynètes plus légères complètent l'ensemble sans en égaler l'allant. Son dessin vif, typique de l'école de Marcinelle, en fait une porte d'entrée idéale pour les jeunes lecteurs, tout en offrant aux fidèles le plaisir familier de l'univers de Peyo. On pourra regretter un recueil un peu inégal et une facture d'atelier un rien lisse, mais l'essentiel est là : l'entrain, la lisibilité et le charme intact du petit peuple bleu. Un bon Schtroumpf, à hauteur d'enfant.

Points forts

  • Un recueil aux entrées multiplesRéunir cinq histoires de longueurs et de tons différents multiplie les portes d'entrée: on peut suivre l'aventure de l'histoire-titre ou picorer les saynètes plus brèves. Cette variété rend l'album accueillant pour un jeune lecteur, qui n'est jamais tenu par un récit trop long.
  • Un dessin vif dans la tradition de MarcinelleLe trait rond et dynamique, l'expressivité des personnages et le sens du mouvement font merveille dans les scènes d'envol. La couleur lumineuse et les décors soignés confèrent à l'ensemble une belle énergie visuelle, très caractéristique de l'univers Spirou.
  • Une histoire-titre qui mêle invention et aventureLe récit d'ouverture ne se contente pas de la trouvaille de l'avion: l'enlèvement de la Schtroumpfette par Gargamel le fait basculer dans le sauvetage et l'affrontement aérien. Ce mélange de bricolage ingénieux et de péril relance l'intérêt et offre à l'album son moment le plus enlevé.

Réserves

  • Un recueil un peu inégalComme souvent dans ce type d'anthologie, les histoires ne se valent pas tout à fait: l'aventure-titre l'emporte nettement, en longueur comme en enjeu, sur les récits plus brefs qui l'accompagnent. On lira surtout l'album pour son épisode d'ouverture.
  • Une facture de studio un peu lisséeParu en 1990, à un moment où la production s'appuie largement sur l'atelier, l'album gagne en régularité ce qu'il perd parfois en singularité. Le charme un peu rugueux des toutes premières histoires y cède la place à un trait plus policé, plus impersonnel.

À qui s’adresse ce livre ?

L'Aéroschtroumpf s'adresse en priorité aux enfants de six à dix ans, à l'âge où l'on savoure les histoires d'invention, de bricolage et d'aventure. C'est un album de lecture partagée idéal : assez simple pour être suivi seul par un lecteur débutant, assez malicieux pour amuser le parent qui accompagne, et son format de recueil autorise les lectures fractionnées. Les familles y trouveront un support léger pour aborder l'ingéniosité, l'entraide et le plaisir du récit d'aventure. Les amateurs et collectionneurs de la série, comme les adultes nostalgiques du petit peuple bleu, apprécieront pour leur part de retrouver l'univers de Peyo et son éternel Gargamel dans un album qui condense joliment ses tonalités de prédilection.

Informations sur l’édition

L’ISBN, l’éditeur, la langue de publication, le format et la pagination appartiennent à l’édition. L’œuvre, elle, ne porte que son titre canonique et sa date de première publication.

Éditions référencées, avec ISBN, éditeur, date de parution et format
ÉditionÉditeurParutionFormatISBNDisponibilité
L'aéroschtroumpf, tome 14Le LombardAutre · 44 p.978-2-87345-000-7Non renseigné

Sources et date de mise à jour

Critique publiée le 19 août 2026, mise à jour le 19 août 2026.