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Couverture de La saga des gaffes

Bande dessinée

La Saga des gaffes

Première publication
1982
Éditions référencées
1

De quoi parle ce livre ?

Gaston Lagaffe, apparu sous le crayon d'André Franquin le 28 février 1957 dans le journal Spirou, est devenu l'anti-héros par excellence de la bande dessinée franco-belge. Garçon de bureau de la rédaction du magazine qui publie ses propres aventures, il passe ses journées à tout faire, sauf son travail. Il bricole des inventions saugrenues, mitonne des mixtures redoutables, dort, recueille des animaux et sème la pagaille dans des locaux qui n'aspiraient qu'au calme. Autour de lui, Prunelle s'arrache les cheveux, les contrats de monsieur De Mesmaeker restent obstinément non signés et l'agent Longtarin traque le stationnement fautif. La série ne raconte pas une histoire, elle enchaîne des gags brefs, le plus souvent bouclés en une planche, où la catastrophe naît des meilleures intentions. Paru chez Dupuis en 1982, La Saga des gaffes rassemble des planches d'abord publiées dans Spirou. C'est l'un des derniers albums de la série classique entièrement composés de gags inédits, œuvre d'un Franquin au sommet de son art du mouvement et du minutage comique.

Résumé rédigé par la rédaction. Aucun texte de quatrième de couverture n’est repris.

Que vaut ce livre ?

4,5/ 5

Note sur 5, par demi-points, sur notre échelle documentée.

La Saga des gaffes, Franquin et l'art du gag de bureau

Il existe des héros qui sauvent le monde. Et il y a Gaston Lagaffe, qui peine déjà à sauver sa matinée. Avec ce garçon de bureau paresseux, rêveur et catastrophique, André Franquin a inventé en 1957 un anti-héros comme la bande dessinée franco-belge n'en avait jamais connu. La Saga des gaffes, paru en 1982, en rassemble une nouvelle fournée d'exploits ratés. L'occasion de mesurer, une fois encore, l'art d'un dessinateur qui a fait du gag en une planche une forme aussi exigeante qu'un sonnet.

La force de Gaston tient d'abord à sa forme. En optant pour le gag bref, presque toujours bouclé en une planche, Franquin s'impose une contrainte redoutable : faire naître le rire en quelques cases, sans le secours d'une intrigue. Chaque planche fonctionne comme une petite mécanique de précision, avec sa mise en place, sa montée et sa chute. La récurrence des situations, le bureau, la voiture poussive, les contrats jamais signés, ne lasse pourtant jamais, car l'auteur varie sans cesse les angles, les rythmes et les points de vue. Le dessin relève de l'école de Marcinelle, celle du journal Spirou et des éditions Dupuis : un trait rond et souple, des silhouettes au nez généreux, une gestuelle expressive héritée du dessin animé. Franquin est un maître du mouvement. Il sait faire trembler un objet, étirer une chute, saturer une case de détails qui prolongent le comique. Le lettrage lui-même, les onomatopées et les nuages de poussière participent pleinement au gag. L'humour, jamais méchant, repose sur l'écart entre les bonnes intentions de Gaston et les désastres qu'elles déclenchent. Sous la farce affleure une satire douce du monde du travail, un éloge de la paresse rêveuse, un goût de la nature et des animaux très en avance sur son époque. Dans La Saga des gaffes, ce savoir-faire est celui d'un auteur parvenu à pleine maturité, dont chaque planche condense des années de métier.

Notre verdictLa Saga des gaffes n'est pas la porte d'entrée la plus célèbre de la série, mais c'est un excellent condensé de tout ce qui fait la grandeur de Gaston : un humour tendre, un dessin d'une vitalité rare et un personnage devenu mythe. Paru en 1982, il compte parmi les derniers albums de la série classique entièrement composés de planches inédites, œuvre d'un Franquin au sommet de son art. On n'y trouvera ni intrigue ni souffle romanesque, ce n'est pas le propos, mais une collection de petites merveilles d'humour graphique que l'on relit sans se lasser. Un classique, tout simplement, à mettre entre toutes les mains.

Points forts

  • Une horlogerie du gagChaque planche est une mécanique réglée au quart de tour: mise en place rapide, montée en tension, chute imparable. Franquin tire un effet comique maximal d'une économie de moyens remarquable, sans jamais recourir à une intrigue.
  • Un dessin vivant, héritier de MarcinelleLe trait rond et dynamique, typique de l'école de Marcinelle et du journal Spirou, donne vie au moindre objet. Le sens du mouvement, la richesse des expressions et les détails d'arrière-plan transforment chaque case en petit spectacle.
  • Un anti-héros universel et attachantGaston, flâneur de génie et catastrophe ambulante, reste étonnamment moderne. Son amour des bêtes, son refus du rendement et sa poésie du bricolage parlent encore à toutes les générations de lecteurs.
  • Une lecture ouverte à tousLe format en planches autonomes permet d'ouvrir l'album à n'importe quelle page. On peut lire un gag ou vingt sans jamais perdre le fil, ce qui en fait un compagnon de chevet idéal, à savourer par petites touches.

Réserves

  • L'absence de fil narratifQui cherche une histoire suivie sera dérouté: la série ne propose aucune intrigue, seulement une succession de gags indépendants. Le plaisir est réel, mais volontairement fragmenté.
  • Des ressorts récurrentsCertains ressorts, les contrats de De Mesmaeker, les démêlés avec Longtarin, reviennent souvent. Lus d'une seule traite, quelques gags peuvent donner l'impression de tourner autour de situations très proches.
  • La nature d'un recueilLes planches ayant d'abord paru dans Spirou, l'album ne vise aucune unité d'ensemble: c'est une compilation, dont l'ordre importe peu et qui vaut par la réussite de chaque pièce plutôt que par une architecture concertée.

À qui s’adresse ce livre ?

La Saga des gaffes s'adresse à un très large public. Les enfants goûtent la mécanique du gag et la truculence des catastrophes ; les adultes savourent la finesse du dessin, la satire du bureau et la mélancolie discrète qui affleure çà et là. Les amateurs de bande dessinée franco-belge y trouveront un jalon signé par l'un des plus grands auteurs de sa génération. C'est aussi une belle porte d'entrée vers l'univers de Franquin, avant de découvrir son Spirou, le Marsupilami ou les Idées noires. On peut le lire à tout âge, seul ou à voix haute, en famille. Ceux qui abordent Gaston par cet album, l'un des derniers de la série classique entièrement composé de planches inédites, n'ont besoin d'aucune connaissance des tomes précédents : chaque planche se suffit à elle-même.

Informations sur l’édition

L’ISBN, l’éditeur, la langue de publication, le format et la pagination appartiennent à l’édition. L’œuvre, elle, ne porte que son titre canonique et sa date de première publication.

Éditions référencées, avec ISBN, éditeur, date de parution et format
ÉditionÉditeurParutionFormatISBNDisponibilité
La saga des gaffesDupuisn.c.Autre · 45 p.978-2-8001-3744-5Non renseigné

Sources et date de mise à jour

Critique publiée le 19 août 2026, mise à jour le 19 août 2026.