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Couverture de Le Cosmoschtroumpf - Le Schtroumpfeur de pluie, tome 6

Bande dessinée

Le Cosmoschtroumpf - Le Schtroumpfeur de pluie

Première publication
1970
Éditions référencées
1

De quoi parle ce livre ?

Sixième album des Schtroumpfs, paru en 1970, ce volume double rassemble deux récits signés Peyo. Dans Le Cosmoschtroumpf, un Schtroumpf que la routine du village lasse se prend de passion pour l'espace et se met en tête de gagner d'autres mondes. Il bâtit patiemment une fusée, sous l'œil dubitatif de la communauté. Plutôt que de briser son rêve, ses camarades imaginent un canular affectueux : ils déguisent les environs et se font passer pour des créatures venues d'ailleurs, afin de lui offrir l'illusion qu'il a bel et bien atterri sur une planète inconnue. Le second récit, Le Schtroumpfeur de pluie, met en scène une machine à faire la pluie, construite par le Schtroumpf Bricoleur, qui fonctionne à merveille. Le désordre vient des Schtroumpfs eux-mêmes : le Schtroumpf Paysan réclame de la pluie pour ses cultures quand le Schtroumpf Poète veut du beau temps, et leur querelle pour l'usage de l'appareil précipite le village dans le chaos météorologique. Deux histoires courtes qui abordent, sur le mode de la fable comique, le rapport des Schtroumpfs au rêve, à l'invention et à la vie collective.

Résumé rédigé par la rédaction. Aucun texte de quatrième de couverture n’est repris.

Que vaut ce livre ?

4/ 5

Note sur 5, par demi-points, sur notre échelle documentée.

Deux fables bleues sur le rêve et la machine, Peyo au format court

On tient là un album charnière, où Peyo laisse ses petits êtres bleus quitter la pure féerie pour flirter avec la science et ses mirages. Le Cosmoschtroumpf et Le Schtroumpfeur de pluie partagent une même fascination, celle de la machine et de l'invention qui promet d'élargir l'horizon. Sous le rire pointe une interrogation plus grave, sur notre besoin d'ailleurs et sur notre manie de vouloir plier la nature à des désirs qui s'opposent.

La construction en diptyque met en regard deux variations sur un même motif, le désir de franchir les limites du village. Le premier récit repose sur un ressort de théâtre, le canular collectif. En maquillant les environs et en jouant les habitants d'un autre monde, les Schtroumpfs offrent au rêveur l'illusion qu'il réclamait, et Peyo change la déception possible en tendresse partagée. Le comique naît de l'écart entre la ferveur du héros et le bricolage des décors, mais la moquerie ne l'emporte jamais, car le mensonge tient ici du cadeau. Le second récit déplace le conflit à l'intérieur du groupe. La machine à pluie, œuvre du Schtroumpf Bricoleur, fonctionne parfaitement ; le trouble ne vient pas de l'appareil mais des désirs contraires qu'il attise. Le Schtroumpf Paysan veut de la pluie pour ses cultures, le Schtroumpf Poète réclame du beau temps, et leur dispute pour l'usage de la machine précipite le chaos. L'enchaînement des catastrophes suit une logique d'escalade parfaitement réglée, où chaque camp campe sur son envie et aggrave le désordre commun.

Le dessin confirme la maîtrise d'un graphisme souple et rieur, hérité de l'école de Marcinelle. Le trait rond, les aplats francs et les expressions très lisibles servent une lecture immédiate, accessible aux plus jeunes. Peyo excelle à mettre en scène les foules schtroumpfesques, où chaque silhouette joue sa partition dans le cadre. La langue schtroumpf, ce jeu qui glisse le mot schtroumpf à la place des verbes et des noms, ajoute une saveur ludique et rythme les dialogues. Sur le fond, les deux histoires partagent une morale douce, celle où le collectif prime, où la solidarité répare les excès de l'individu, et où l'imaginaire gagne à être accompagné plutôt que brisé.

Notre verdictLe Cosmoschtroumpf et Le Schtroumpfeur de pluie ne figurent pas parmi les albums les plus ambitieux de la série, mais ils en donnent une facette particulièrement attachante. Le premier récit, avec son canular tissé d'affection, reste un petit bijou de générosité narrative, quand le second, plus convenu, l'emporte par sa seule efficacité comique. L'ensemble illustre le savoir-faire d'un auteur qui sait faire rire sans blesser et parler aux enfants sans les prendre de haut. Une lecture réjouissante, datée dans sa forme et intemporelle dans son propos, que l'on recommande volontiers aux familles comme aux nostalgiques du village bleu.

Points forts

  • Un ressort narratif d'une rare tendresseLe canular du Cosmoschtroumpf déjoue le piège de l'humiliation. Au lieu de railler le rêveur, la communauté se met en quatre pour lui offrir son voyage imaginaire, ce qui vaut au récit une chaleur peu commune dans une histoire de farce.
  • Une efficacité comique intacteLe Schtroumpfeur de pluie déroule son escalade avec une précision d'horloger. La querelle du Schtroumpf Paysan et du Schtroumpf Poète autour de la machine relance sans cesse l'action et tient un rythme qui ne faiblit pas, preuve du métier de conteur de Peyo.
  • Une lisibilité graphique exemplaireLe trait rond, les couleurs vives et les expressions marquées rendent la lecture limpide dès le plus jeune âge, sans jamais appauvrir les scènes de groupe.

Réserves

  • Des comparses peu individualisésHors le héros de chaque histoire, la masse des Schtroumpfs reste indifférenciée et interchangeable, ce qui limite l'attachement et laisse parfois une impression de galerie décorative plutôt que de vrais caractères.
  • Deux récits à l'ambition mesuréeLe format court impose des intrigues simples, vite nouées et vite dénouées. Le lecteur adulte pourra trouver l'ensemble léger, loin de la densité des albums plus amples de la série.

À qui s’adresse ce livre ?

L'album s'adresse d'abord aux jeunes lecteurs, dès six ou sept ans, que la clarté du dessin et la simplicité des intrigues rendent vite autonomes. Le rêve d'espace et la météo déchaînée parlent d'emblée à l'enfance. La lecture fonctionne aussi en famille, car les parents y goûteront la tendresse du canular et la satire douce des désirs qui s'affrontent, tandis que les amateurs de bande dessinée franco-belge observeront Peyo à l'ouvrage sur des formats brefs, au moment où la série affine son identité. C'est enfin une bonne porte d'entrée dans l'univers des Schtroumpfs pour qui veut le découvrir sans s'engager dans un récit au long cours.

Informations sur l’édition

L’ISBN, l’éditeur, la langue de publication, le format et la pagination appartiennent à l’édition. L’œuvre, elle, ne porte que son titre canonique et sa date de première publication.

Éditions référencées, avec ISBN, éditeur, date de parution et format
ÉditionÉditeurParutionFormatISBNDisponibilité
Le Cosmoschtroumpf - Le Schtroumpfeur de pluie, tome 6DupuisAutre · 62 p.978-2-8001-0113-2Non renseigné

Sources et date de mise à jour

Critique publiée le 19 août 2026, mise à jour le 19 août 2026.