
Les Cousins Dalton
- AuteurMorris
- AuteurRené Goscinny
- Première publication
- 1958
- Éditions référencées
- 1
- Genres
- Bande dessinée
De quoi parle ce livre ?
Les Cousins Dalton est le douzième album de la série Lucky Luke, dessiné par Morris sur un scénario de René Goscinny et paru chez Dupuis en 1958 (après prépublication dans Spirou en 1957). Il occupe une place particulière dans la série car il introduit les quatre cousins Dalton (Joe, William, Jack et Averell), personnages entièrement fictifs qui deviendront les adversaires récurrents du cow-boy solitaire. Ces cousins prennent la relève des Dalton d'origine, inspirés du gang historique, que Lucky Luke avait affrontés et qui trouvaient la mort dans un album antérieur, Hors-la-loi (1954). Le ressort du récit est la vengeance : les quatre cousins entendent faire payer à Lucky Luke la mort des Dalton d'origine, dont ils sont les cousins. L'album installe aussi les traits durables du quatuor, notamment leur alignement par taille croissante, de Joe (le plus petit, le plus agressif et le meneur de la bande) jusqu'à Averell (le plus grand, le plus naïf et constamment affamé). Il met ainsi en place l'un des principaux mécanismes comiques des aventures de Lucky Luke.
Résumé rédigé par la rédaction. Aucun texte de quatrième de couverture n’est repris.
Que vaut ce livre ?
Les Cousins Dalton : l'acte de naissance des pires ennemis de Lucky Luke
Douzième album des aventures de Lucky Luke, Les Cousins Dalton (1958) occupe une place à part dans la série : c'est ici que naissent Joe, Jack, William et Averell, les quatre cousins promis à devenir les adversaires les plus célèbres du cow-boy solitaire. L'album est signé par Morris au dessin et par René Goscinny au scénario, collaborateur que la fiche passe sous silence alors qu'il est déterminant. Tout l'intérêt tient à une question de méthode : comment un simple recyclage de personnages devient l'un des ressorts comiques les plus féconds de toute la bande dessinée franco-belge.
Pour comprendre l'album, il faut revenir à Hors-la-loi (1954), où Morris avait mis en scène les Dalton historiques (Bob, Grat, Bill et Emmett) avant de les faire mourir, à l'image de leurs modèles réels dont la bande fut décimée lors du raid de Coffeyville. Le succès de ces méchants posait un problème concret : comment ramener des personnages aussi populaires une fois qu'ils sont enterrés ? La réponse, soufflée par Goscinny, est d'une simplicité redoutable : leur inventer des cousins, purement fictifs et donc réutilisables à l'infini. Les Cousins Dalton installe ainsi le dispositif qui deviendra la marque de fabrique de la série.
La véritable invention de l'album est graphique. Dans Hors-la-loi, les quatre frères étaient dessinés à l'identique, tous de la même taille. Ici, Goscinny et Morris distinguent les cousins par une hauteur croissante : Joe, le plus petit et le plus enragé, ouvre la marche, tandis qu'Averell, le plus grand et le plus benêt, la ferme. À cette échelle physique répond une échelle inversée d'intelligence et une gradation de la hargne, si bien que tout le comique naît de ce décalage réglé comme une horloge. Le trait nerveux et caricatural de Morris tire un parti maximal de cette silhouette en escalier, gag graphique avant même d'être gag de texte.
Le scénario, lui, reste un prétexte assumé : les cousins entendent venger les Dalton disparus et s'en prendre à Lucky Luke, ce qui enchaîne provocations, poursuites et échecs répétés. L'intérêt est moins dans l'intrigue, largement épisodique, que dans le ton et dans le mécanisme. On y reconnaît déjà le comique de répétition qui fera la série : des personnages rigides, incapables de tirer la leçon de leurs revers, s'obstinant dans la même conduite jusqu'à l'absurde. C'est aussi le moment où l'humour verbal de Goscinny, fait d'anachronismes et de calembours, commence à irriguer un univers que Morris avait d'abord conçu de façon plus purement visuelle.
Notre verdictLes Cousins Dalton n'est sans doute pas le sommet artistique de Lucky Luke, mais c'est l'un de ses albums les plus importants : celui qui, par une pirouette de scénariste, offre à la série ses antagonistes définitifs et pose les bases d'un comique de mécanique promis à durer. Drôle, vif, porté par une idée lumineuse et par la rencontre de deux grands auteurs, il se lit avec un plaisir intact plus de soixante ans après sa parution. Un classique fondateur, à défaut d'être le plus parfait des classiques.
Points forts
- Une trouvaille de personnagesLe quatuor gradué par la taille est une idée de comédie presque parfaite: lisible d'un seul coup d'œil, elle produit des gags sans même recourir au dialogue et offre à la série un moteur inépuisable, réactivé pendant des décennies.
- Le tandem Morris-GoscinnyL'album illustre l'une des grandes collaborations de la bande dessinée: le trait vif et expressif de Morris rencontre le sens du rythme et de la formule de Goscinny, chacun amplifiant l'autre au lieu de se borner à l'illustrer.
- Une parodie western accessibleLe décor de l'Ouest est croqué avec un mélange de tendresse et de moquerie, jamais donneur de leçons, qui rend l'ensemble réjouissant à tout âge, sans exiger la moindre familiarité avec le genre.
Réserves
- Un album fondateur plus qu'aboutiLe mécanisme des Dalton n'a pas encore le réglage parfait des albums ultérieurs comme Dalton City ou Ma Dalton: les caractères des quatre frères restent esquissés, et Joe n'a pas encore toute la fureur qui le rendra inoubliable.
- Une intrigue minceL'histoire fonctionne surtout comme une succession de poursuites et d'échecs; qui cherche une construction narrative dense restera un peu sur sa faim, l'album valant d'abord pour ses trouvailles et son ton.
À qui s’adresse ce livre ?
L'album s'adresse d'abord à un très large public familial : les enfants y trouvent des gags immédiats et une galerie de méchants aussi inquiétants que ridicules, les adultes une parodie fine du western et l'ironie verbale de Goscinny. Il intéressera particulièrement les amateurs de bande dessinée franco-belge curieux de la genèse d'un mythe, puisqu'on assiste ici à la naissance des Dalton tels qu'on les connaîtra ensuite. Les lecteurs nostalgiques et les collectionneurs y verront une pièce charnière. Ceux qui découvrent Lucky Luke peuvent commencer par des albums plus aboutis, mais gagneront à revenir vers ce jalon décisif.
Informations sur l’édition
L’ISBN, l’éditeur, la langue de publication, le format et la pagination appartiennent à l’édition. L’œuvre, elle, ne porte que son titre canonique et sa date de première publication.
| Édition | Éditeur | Parution | Format | ISBN | Disponibilité |
|---|---|---|---|---|---|
| Lucky Luke, tome 12Les Cousins Dalton | Dupuis | Autre · 46 p. · Français | 978-2-8001-1452-1 | Non renseigné |
Sources et date de mise à jour
Critique publiée le 19 août 2026, mise à jour le 19 août 2026.