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Couverture de Les Schtroumpfs olympiques, tome 11

Bande dessinée

Les Schtroumpfs olympiques

Première publication
1983
Éditions référencées
1

De quoi parle ce livre ?

Onzième album de la série imaginée par Peyo, «Les Schtroumpfs olympiques» réunit trois histoires, dont la plus développée donne son titre au recueil. Au village, le Schtroumpf costaud, aussi vigoureux qu'épris de compétition, décide d'organiser de grands jeux sportifs. Trois équipes se forment : un Schtroumpf chétif et maladroit, refusé par les deux premières, les rouges et les jaunes, crée sa propre équipe, la verte. L'émulation gagne toute la communauté et chacun s'entraîne pour les épreuves. Ce concurrent malingre rêve pourtant de l'emporter, et de cet écart entre l'ambition et les moyens naît le ressort du récit, où se croisent l'effort, la persévérance, l'esprit d'équipe et la tentation, courante dans ce genre de rivalité, de contourner les règles. Le volume propose ensuite deux fables plus brèves. «Pâques schtroumpfantes» suit trois Schtroumpfs qui préparent chacun, de leur côté, un cadeau pour le Grand Schtroumpf. «Le Jardin des Schtroumpfs» raconte la quête du coin idéal pour un pique-nique, sans cesse contrariée. Autant de variations sur la vie collective du village, présentées ici sans en dévoiler l'issue.

Résumé rédigé par la rédaction. Aucun texte de quatrième de couverture n’est repris.

Que vaut ce livre ?

4/ 5

Note sur 5, par demi-points, sur notre échelle documentée.

L'effort plutôt que la médaille

Publié en album en février 1983 chez Dupuis, «Les Schtroumpfs olympiques» paraît alors que la petite communauté bleue de Peyo a déjà conquis un vaste public et rayonne jusque sur les écrans du monde entier. Le recueil réunit trois récits d'inégale longueur, articulés autour d'un même décor : le village champignon et sa vie collective. La grande histoire du titre, la plus consistante, s'empare d'un sujet universel, le sport et la compétition, pour en tirer une petite comédie de mœurs à hauteur de lutins. On y retrouve la mécanique éprouvée de la série : une idée simple, une communauté qui s'emballe, et un grain de sable qui vient dérégler la belle harmonie du village.

La construction du recueil obéit à un principe de contraste bien tenu. La course olympique occupe la place centrale et déploie une intrigue à part entière, tandis que «Pâques schtroumpfantes» et «Le Jardin des Schtroumpfs» font office de respirations, des saynètes plus courtes qui prolongent le motif de la vie communautaire sans en épuiser le ressort. Ce montage en trois temps, courant dans les albums de Peyo issus des prépublications du journal Spirou, donne au volume un rythme varié et se prête parfaitement à une lecture par étapes.

Sur le fond, l'histoire principale déploie une morale limpide sans jamais la marteler. Autour du Schtroumpf costaud qui organise les épreuves et du concurrent chétif qui rêve de vaincre, Peyo met en scène l'effort, l'entraînement, l'esprit d'équipe et, en creux, la tentation de tricher pour l'emporter à tout prix. Le récit vaut moins par ses rebondissements que par la manière dont il fait dialoguer ces valeurs, dans le registre de l'apologue enfantin. La caractérisation par le trait dominant, chère à la série (le costaud, le grognon, le coquet, le distrait), sert ici de moteur comique et permet au lecteur de se repérer d'emblée dans la foule bleue.

Le style graphique relève pleinement de l'école de Marcinelle : trait rond et souple, silhouettes rebondies, sens du mouvement et de la pantomime, découpage lisible où chaque case porte son gag ou son information. Peyo excelle à mettre en scène ces multitudes de petits personnages identiques, différenciés par la seule posture et l'expression du visage. Les épreuves sportives, courses, sauts et lancers, lui offrent un terrain idéal pour cet art du geste et de l'accélération, avec des enchaînements de cases très dynamiques. La couleur franche et lumineuse, typique des productions Dupuis de l'époque, installe d'emblée une gaieté communicative. L'écriture, elle, joue de la fameuse schtroumpfisation du langage, ce procédé où le mot «schtroumpf» se substitue aux verbes et aux substantifs, source d'un comique que le vocabulaire du stade relance avec entrain.

Notre verdict«Les Schtroumpfs olympiques» n'est pas l'album le plus audacieux de la série, mais c'en est un très bon représentant classique. Peyo y applique avec métier une recette éprouvée : un thème universel, une communauté qui s'enflamme, un dessin vif hérité de l'école de Marcinelle et un humour de langage inimitable. La grande histoire du titre, portée par le sport et la compétition, offre une comédie morale limpide et généreuse, où l'effort et le fair-play priment sur la seule victoire. Les deux récits complémentaires arrondissent l'ensemble sans en changer la nature. Le lecteur adulte y verra un divertissement patrimonial soigné plus qu'une œuvre surprenante ; le jeune public, lui, y trouvera ce qu'il vient chercher : de l'énergie, du rire et une leçon de sport discrète. Un album chaleureux et bien calibré, à recommander comme première rencontre avec le village bleu.

Points forts

  • Un sujet universel à hauteur d'enfantLe sport, l'effort et le fair-play offrent une matière immédiatement parlante pour les jeunes lecteurs, traitée en apologue clair mais jamais pesant. La compétition sert de prétexte à une réflexion douce sur la victoire, la défaite et la manière de jouer.
  • L'art du mouvement selon l'école de MarcinelleTrait rond, silhouettes souples et découpage nerveux: les épreuves sportives donnent à Peyo l'occasion de déployer un vrai sens de la pantomime et de l'accélération. Les scènes de course et de lancer sont enlevées, lisibles et pleines d'énergie.
  • Une construction en triptyque bien rythméeL'alternance entre une histoire longue et deux saynètes plus brèves aère la lecture et convient au jeune public. Chaque récit se suffit à lui-même tout en enrichissant le portrait choral du village.
  • Le comique de langage de la schtroumpfisationLe remplacement des mots par «schtroumpf» demeure un ressort verbal savoureux, que le vocabulaire sportif renouvelle. Consignes, encouragements et commentaires d'épreuves y gagnent une drôlerie supplémentaire.

Réserves

  • Un propos volontiers attenduLa morale sur l'effort et le fair-play se laisse deviner assez vite: l'album privilégie la clarté du message à la surprise narrative, ce que des lecteurs plus âgés pourront trouver un brin sage.
  • Des récits secondaires en demi-teinte«Pâques schtroumpfantes» et «Le Jardin des Schtroumpfs» restent des miniatures plaisantes mais mineures, sans l'ampleur de l'histoire-titre; leur présence relève surtout du complément d'album.
  • Une galerie de personnages presque interchangeablesHormis quelques figures typées, la masse des Schtroumpfs identiques peut dérouter le lecteur qui découvre la série, la différenciation reposant presque uniquement sur la fonction ou l'accessoire.

À qui s’adresse ce livre ?

L'album vise en priorité les jeunes lecteurs, à partir de six ou sept ans, capables de suivre seuls une histoire en images ou de la partager en lecture accompagnée. Le format en trois récits, le comique visuel et la clarté du propos en font une porte d'entrée idéale vers la bande dessinée. Les thèmes du sport, de l'effort et du fair-play résonnent particulièrement en contexte scolaire ou familial, et se prêtent à la discussion sur la victoire et la défaite. Au-delà de ce cœur de cible, l'ouvrage parlera aussi aux amateurs nostalgiques de la grande époque Dupuis et aux collectionneurs de la série, d'autant qu'il a reçu le prix Alfred Enfant du Festival d'Angoulême en 1984. Les lecteurs adultes en quête d'une intrigue complexe y trouveront surtout le plaisir d'un classique populaire, efficace et soigné.

Informations sur l’édition

L’ISBN, l’éditeur, la langue de publication, le format et la pagination appartiennent à l’édition. L’œuvre, elle, ne porte que son titre canonique et sa date de première publication.

Éditions référencées, avec ISBN, éditeur, date de parution et format
ÉditionÉditeurParutionFormatISBNDisponibilité
Les Schtroumpfs olympiques, tome 11DupuisAutre · 48 p.978-2-8001-0769-1Non renseigné

Sources et date de mise à jour

Critique publiée le 19 août 2026, mise à jour le 19 août 2026.