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MangaLangue d’origine : Japonais

Toujours de ton côté

Première publication
2025
Éditions référencées
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De quoi parle ce livre ?

Cent neuvième tome de la série, « Toujours de ton côté » réunit les chapitres 1101 à 1110 et forme la cinquième livraison de l'arc Egg Head, qui ouvre la saga finale. Ses deux premiers chapitres referment le long retour en arrière consacré à Bartholomew Kuma, commencé à la fin du tome précédent : on y suit sa vie jusqu'au sacrifice qu'il consent pour sauver sa fille Bonney. Le récit revient ensuite au présent, sur Egg Head, l'île du savant Végapunk encerclée par les forces du gouvernement mondial. La course que Kuma menait depuis plusieurs tomes s'y achève, et le père retrouve enfin sa fille : deux chapitres, « Pardon, papa » et « Merci, papa », suffisent à solder des années d'attente. La seconde moitié du volume rallume la bataille, puis change d'échelle. Végapunk déclenche une diffusion destinée au monde entier, que le gouvernement entend interrompre à tout prix, et le tome se referme sur l'apparition des cinq doyens sous des formes monstrueuses, laissant au suivant le soin de dire ce que coûtera ce qui vient d'être lancé.

Résumé rédigé par la rédaction. Aucun texte de quatrième de couverture n’est repris.

Que vaut ce livre ?

4,5/ 5

Note sur 5, par demi-points, sur notre échelle documentée.

Le père retrouvé, le monde en sursis

Quatre titres de chapitres se répondent d'un tome à l'autre : « Merci, Bonney » refermait le 108, « Ma chère Bonney », « Pardon, papa » et « Merci, papa » ouvrent celui-ci. Le lecteur sait donc, avant la première planche, que le volume commence par une affaire de famille. Il ignore encore qu'elle sera réglée en quatre chapitres, et que les six suivants la feront paraître minuscule. Le cent neuvième tome de One Piece tient tout entier dans cette disproportion : deux chapitres pour achever un retour en arrière ouvert au tome précédent, deux pour des retrouvailles préparées depuis des centaines de chapitres, et tout le reste pour rallumer l'arc Egg Head et le laisser brûler jusqu'à la dernière case.

Le sommaire suffit presque à décrire le volume. Les deux premiers chapitres, « Ma chère Bonney » et « La vie de Kuma », achèvent le retour en arrière ouvert six chapitres plus tôt, au tome 108. Les deux suivants, « Pardon, papa » et « Merci, papa », ramènent au présent et concentrent en quelques planches ce que tout ce passé avait préparé. Les six derniers, du « Comble du ridicule » aux « Apparitions divines », montent d'un cran à chaque fois : l'île, puis la flotte qui l'encercle, puis le monde entier qui écoute. Comme au Japon, le tome emprunte son titre à son sixième chapitre, avec un adverbe que l'original n'a pas : le japonais dit simplement « ton allié ». L'ajout tombe juste, car l'allégeance est le sujet du volume, déclinée sur trois registres, celui d'un père, celui d'un savant et celui d'un équipage.

Le sommet du tome est un diptyque, et sa réussite tient d'abord à un raccord. Le chapitre 1102 s'achève sur l'effacement de Kuma, c'est-à-dire sur le moment où le personnage cesse d'être quelqu'un. Le 1103 s'ouvre au présent, sur Bonney aux mains de Saturn, apprenant enfin d'où venaient les malheurs des siens. Entre les deux, aucune transition explicative : Oda laisse le lecteur faire la soudure, et fait arriver le père exactement là où plus personne ne l'attendait comme père. Le procédé n'est pas neuf dans une série qui rejoue ses motifs des dizaines de tomes plus tard en leur donnant un autre sens ; il cesse seulement d'être un clin d'œil pour devenir le moteur du récit. Sur le plan factuel, le lecteur de longue date n'apprend presque rien ici : il apprend à quel prix se payait ce qu'il croyait déjà savoir.

Graphiquement, ces chapitres travaillent le contraste d'échelle plutôt que la surcharge : la masse de Kuma occupe la case comme un décor occuperait une planche, et la silhouette de Bonney en vis-à-vis suffit à dire le rapport de forces. Le trait ralentit, les trames se font rares, l'émotion passe par les regards plutôt que par le cri. La rupture n'en est que plus franche quand le récit se rabat sur le reste de l'île : perspectives saturées de détail, onomatopées débordant de leurs cadres, et ce comique dont la série ne se prive jamais, même au pire moment. Cet écart de registre reste le plus déroutant des partis pris d'Oda ; il est tenu ici sans faux pas.

Le rythme, lui, garde la marque de la prépublication. Bâtis pour le Weekly Shonen Jump, ces chapitres doivent chacun s'achever sur une image forte, en bas à gauche de la dernière page, et le tome relié accumule les à-coups. Dans la première moitié, cela produit une houle régulière où chaque fin de chapitre resserre le nœud d'un cran. Dans la seconde, cela produit un embouteillage : le Buster Call lancé sur l'île, le commandement des Pacifistas qui change de mains, le duel de Zoro et de Lucci mené à son terme, l'arrivée de renforts et la diffusion de Végapunk se disputent six chapitres, où le récit trouve encore le temps d'un détour vers Caribou et l'équipage de Barbe Noire. Le lecteur de tankobon y gagne l'ivresse d'une accélération continue ; il y perd la respiration de la première partie.

Le 109 est une charnière, non une étape : il solde une intrigue ouverte des centaines de chapitres plus tôt, en ouvre une autre à l'échelle du monde, et s'arrête sur une apparition plutôt que sur un dénouement. Un tome de shonen au long cours ne se lit pas comme un livre, mais comme un chapitre de livre ; celui-ci occupe l'une des places les plus enviables de l'arc, entre des retrouvailles pleinement réussies et une menace encore intacte.

Notre verdictLe tome 109 est de ceux qui donnent rétrospectivement du sens à la lenteur d'une série au long cours. En refermant le retour en arrière consacré à Kuma pour enchaîner aussitôt sur des retrouvailles d'une justesse rare, Oda transforme une intrigue secondaire vieille de plusieurs années en l'un des sommets émotionnels de son œuvre, avec des moyens graphiques étonnamment sobres. La seconde moitié, plus encombrée, relance la machine de l'arc et referme le volume sur une menace intacte : travail de charnière, efficace mais moins maîtrisé. Reste que peu de tomes de la saga finale auront été aussi nettement construits, ni aussi bien nommés. À juger comme fragment, ce qu'il est, il appartient au meilleur quart de la série.

Points forts

  • Un raccord qui solde des centaines de chapitresLe passage du chapitre 1102, où s'achève le retour en arrière, aux chapitres « Pardon, papa » et « Merci, papa », qui se déroulent au présent, est le geste le plus fort du volume. Oda ne commente rien, ne réexplique rien, et laisse la charge émotionnelle naître du simple rapprochement de deux scènes séparées par des années de récit.
  • Une retenue graphique inhabituelle dans cet arcLes chapitres consacrés à Kuma renoncent aux perspectives surchargées et aux trames massives qui font l'ordinaire des tomes de bataille. Contrastes de masses, cadrages tenus, silences: le dessin ralentit volontairement, et cette économie donne aux retrouvailles une gravité que bien des affrontements de la série n'ont jamais atteinte.
  • Un volume qui a une forme, pas seulement une plage de chapitresDeux chapitres de passé, deux de retrouvailles, six de montée en échelle: le découpage donne au tankobon une architecture propre, là où beaucoup de volumes de la série ne sont que des tranches arbitraires découpées dans le flux hebdomadaire. Le titre retenu, emprunté au chapitre du milieu, désigne exactement ce qui tient l'ensemble.

Réserves

  • Aucune porte d'entrée pour un nouveau lecteurLe tome fonctionne à crédit. L'effet des quatre premiers chapitres repose entièrement sur une familiarité accumulée depuis des centaines de chapitres, et rien n'est réexpliqué. Qui ouvrirait la série ici n'y verrait qu'une suite de scènes tristes entre inconnus, puis une bataille dont les enjeux lui échapperaient.
  • Une seconde moitié embouteilléePassé le sommet émotionnel, Oda relance simultanément trop de fronts: le Buster Call, les Pacifistas, plusieurs combats en cours, les manœuvres du gouvernement, la diffusion mondiale. Les six derniers chapitres avancent vite mais en zigzag, et s'autorisent même un détour vers des personnages qui se trouvent à l'autre bout du monde.
  • Une fin qui vend surtout le tome suivantLe volume se referme sur une entrée en scène spectaculaire dont rien n'est encore exploité. Le procédé est d'une efficacité redoutable, mais il laisse le lecteur avec une promesse plutôt qu'avec une conclusion, et rend le tome difficile à évaluer autrement qu'en attendant le 110.

À qui s’adresse ce livre ?

Ce tome s'adresse d'abord aux lecteurs de longue date, et plus précisément à ceux que le personnage de Kuma intriguait depuis son apparition, plusieurs centaines de chapitres plus tôt : c'est pour eux qu'il a été écrit, et l'effet y est considérable. Il conviendra aussi à ceux qui préfèrent attendre le tome relié plutôt que suivre la prépublication, le retour en arrière gagnant beaucoup à être lu d'une traite avec la fin du tome 108. En revanche, ce n'est en aucun cas un point d'entrée : il faut avoir lu les volumes précédents de l'arc Egg Head, et garder en mémoire des épisodes bien plus anciens auxquels le récit renvoie sans les rappeler. Les amateurs de combats devront attendre la seconde moitié, où les duels sont sans cesse interrompus.

Informations sur l’édition

L’ISBN, l’éditeur, la langue de publication, le format et la pagination appartiennent à l’édition. L’œuvre, elle, ne porte que son titre canonique et sa date de première publication.

Aucune édition référencée pour cette œuvre.

Sources et date de mise à jour

Critique publiée le 20 août 2026, mise à jour le 20 août 2026.