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Couverture de Un bébé pour Rosemary

Roman

Un bebe pour Rosemary

Première publication
1967
Éditions référencées
3

De quoi parle ce livre ?

Un bébé pour Rosemary (titre original Rosemary's Baby) est un roman d'Ira Levin paru en 1967, mêlant fantastique, horreur et thriller psychologique. L'action se déroule à New York dans les années 1960. Rosemary Woodhouse et son mari Guy, comédien ambitieux, emménagent au Bramford, un immeuble ancien à la réputation sinistre. Ils se lient avec un couple de voisins âgés et envahissants, Roman et Minnie Castevet. La carrière de Guy décolle brusquement après qu'un acteur rival a perdu la vue. Rosemary tombe enceinte et vit une grossesse douloureuse et isolée, encadrée par un obstétricien recommandé par les Castevet et par des soins imposés par Minnie. Peu à peu, elle soupçonne ses voisins d'appartenir à un culte satanique et Guy d'avoir monnayé son succès en livrant l'enfant. Le roman explore la paranoïa, la dépossession du corps féminin, la manipulation conjugale et l'ambition. Le dénouement révèle que Rosemary a été violée lors d'un rituel et a porté l'enfant du diable. Roman Polanski en a tiré un film sorti en 1968.

Résumé rédigé par la rédaction. Aucun texte de quatrième de couverture n’est repris.

Que vaut ce livre ?

4,5/ 5

Note sur 5, par demi-points, sur notre échelle documentée.

Un bébé pour Rosemary: la terreur ordinaire du corps confisqué

Publié en 1967 (et non en 1900, comme l'indique à tort la notice), 'Rosemary's Baby' d'Ira Levin est le roman qui a fait descendre l'horreur du château gothique vers l'appartement bourgeois de Manhattan. Son ressort le plus fécond n'est pas le pacte satanique, que le film de Polanski a rendu célèbre, mais la façon dont Levin change une grossesse en huis clos de la dépossession, où l'héroïne perd la maîtrise de son propre corps.

La force du livre tient à sa construction implacable. Levin colle son point de vue à Rosemary, si bien que le lecteur n'en sait jamais plus qu'elle: sa paranoïa peut être lucidité ou délire. Artisan méticuleux du thriller (on lui doit aussi 'Les Femmes de Stepford'), l'auteur procède par accumulation de détails prosaïques et vérifiables: une géographie new-yorkaise précise, la visite du pape, un magazine titrant sur la mort de Dieu, une racine de tannis portée en pendentif. Ce socle de réel rend le surnaturel d'autant plus insidieux: il ne surgit jamais par effraction, il s'infiltre dans le quotidien conjugal et médical. Le style, sec et sans lyrisme, épouse ce projet; le décryptage de l'anagramme au Scrabble crée plus de tension qu'aucune scène de sang. Surtout, le roman déborde le récit d'épouvante: il raconte la confiscation du corps féminin par une alliance d'hommes (le mari qui monnaie son épouse, le médecin autoritaire, les voisins trop prévenants) décidant à sa place ce qu'elle doit manger, croire et endurer. La grossesse devient métaphore de l'aliénation: on lui répète que ses douleurs sont normales et que son intuition la trompe. Levin saisit enfin l'angoisse religieuse de son temps; sa dernière page, où l'instinct maternel l'emporte malgré tout, referme le piège avec un vertige glaçant.

Notre verdict'Un bébé pour Rosemary' demeure un modèle d'horreur insidieuse, où le diable pèse moins que la trahison des proches et la réduction d'une femme au rang de réceptacle. Levin prouve qu'une prose transparente et une intrigue millimétrée valent tous les grand-guignols. Si sa notoriété a émoussé l'effet de surprise, la perfection du piège en fait un livre qui a superbement vieilli.

Points forts

  • Une mécanique de suspense parfaiteLevin verrouille son intrigue en tenant jusqu'au bout le doute entre folie et complot, ce qui rend menaçante la moindre scène anodine.
  • La domestication de l'effroiEn logeant le satanisme dans un immeuble cossu et un cabinet réputé, il rend le Mal d'autant plus glaçant qu'il porte des visages affables.
  • Une héroïne en avanceRosemary incarne dès 1967 la femme à qui l'on dénie le droit de savoir ce qui se passe dans son corps, lecture que les décennies ont renforcée.

Réserves

  • Une issue devinéeLa notoriété du récit aidant, le lecteur perce souvent la vérité bien avant l'héroïne: la révélation finale confirme plus qu'elle ne surprend.
  • Des comparses en aplatGuy et les membres de la secte restent des fonctions dramatiques plus que des êtres épais, au service d'un mécanisme huilé mais peu incarné.

À qui s’adresse ce livre ?

Ce roman s'adresse aux amateurs de thriller psychologique et d'horreur atmosphérique qui préfèrent la tension sourde aux effets sanglants. Les curieux de la matrice d'un classique y trouveront leur compte, comme les lecteurs sensibles à une lecture féministe du contrôle du corps. On le déconseillera à qui une grossesse angoissante ou un climat de manipulation conjugale pourraient heurter.

Informations sur l’édition

L’ISBN, l’éditeur, la langue de publication, le format et la pagination appartiennent à l’édition. L’œuvre, elle, ne porte que son titre canonique et sa date de première publication.

Éditions référencées, avec ISBN, éditeur, date de parution et format
ÉditionÉditeurParutionFormatISBNDisponibilité
Un bébé pour RosemaryJ'Ai LuPoche · 314 p. · Français978-2-290-30250-7Non renseigné
Rosemary's babyRobert LaffontBroché · 267 p. · Français978-2-221-07742-9Non renseigné
Un bebe pour RosemaryEditions J'ai LuPoche · 314 p. · Français978-2-277-12342-2Non renseigné

Sources et date de mise à jour

Critique publiée le 18 août 2026, mise à jour le 18 août 2026.