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La couverture d’« Astérix chez les Bretons » adjugée 1,2 million d’euros au marteau à Liège

La gouache originale d’Albert Uderzo pour le huitième album d’Astérix a été adjugée 1 200 000 euros au marteau, soit 1 474 500 euros frais compris, le 13 septembre 2026 à Liège, sur une estimation de 150 000 à 200 000 euros. Elle est accompagnée d’une dédicace des deux auteurs à leur éditeur Georges Dargaud, portée sur la marie-louise et lue au catalogue.

La couverture originale d’« Astérix chez les Bretons » a trouvé preneur à 1 200 000 euros au marteau, le dimanche 13 septembre 2026, au Palais des Congrès de Liège. La gouache d’Albert Uderzo formait le lot 545 de la 81e vente de BD Enchères, maison liégeoise consacrée uniquement à la bande dessinée, fondée en 2010 par le commissaire-priseur Michael Buys et l’expert Sébastien Henrotay. Elle était estimée 150 000 à 200 000 euros. Frais compris, l’acquéreur, qu’aucune source n’identifie, en aura réglé 1 474 500 euros.

Une estimation se compare au prix au marteau, et à lui seul : 1 200 000 euros, c’est six fois l’estimation haute. La fiche du lot porte la même fourchette et une dernière enchère de 1 200 000 euros sur un lot clos.

Les conditions générales de la maison prévoient, en salle, une majoration de 22 % pour frais et un droit de suite à la charge de l’acheteur dès 2 000 euros d’adjudication. Commentaire de la rédaction : 1 200 000 euros au marteau, 264 000 euros de frais et 10 500 euros de droit de suite calculé au barème légal belge redonnent à l’euro près les 1 474 500 euros annoncés, le droit de dossier d’un euro par lot mis à part. La maison n’a pas publié cette décomposition, le calcul est le nôtre. Une part de l’écart entre les deux prix revient donc aux ayants droit de l’artiste.

Une gouache de 34 sur 47 centimètres

L’œuvre est une gouache sur carton de 34 x 47 cm, décrite au catalogue comme la couverture originale du volume 8 de la série, album publié en août 1966 et tiré à 900 000 exemplaires. Le récit avait été prépublié dans Pilote du 9 septembre 1965 au 17 mars 1966. Le catalogue ne date pas le dessin ; deux sites spécialisés, ToutEnBD et le magazine d’Interenchères, avancent 1965 sans l’étayer, et nous ne reprenons pas cette date.

L’image est celle du match de rugby qui décide du sort du tonneau de potion magique : sur une pelouse rayée de blanc, devant une palissade garnie de spectateurs, Obélix charge, le tonneau calé sur l’épaule comme un ballon et la potion s’échappant par la bonde ; Astérix court devant lui, glaive au poing, et les joueurs bretons en maillots rayés partent en tous sens. Sur la photographie de catalogue, le bandeau de titre ne porte que le logo « Astérix » et la mention « CHEZ LES BRETONS », et un rectangle vierge attend le bloc typographique de la maquette. Le catalogue ne le dit pas, mais la pièce est donc un état antérieur à la maquette d’impression.

Astérix chez les Bretons, voir la fiche de l’œuvre et ses éditions

Une dédicace à l’éditeur, portée sur la marie-louise

L’autre moitié de l’histoire tient dans un petit carton monté sous l’œuvre. Le catalogue précise que la pièce est « Signée et dédicacée sur la marie-louise (marquée par une auréole) » : la dédicace n’est donc pas sur la gouache, mais sur son carton de montage. Nous l’avons lue sur le gros plan publié au catalogue, en partie traversée par une auréole d’humidité.

A Georges Dargaud, celui qui est notre ami, avant d’être notre éditeur. Ses auteurs, qui sont, avant tout, ses amis. René Goscinny - UDERZO.
Dédicace manuscrite portée sur la marie-louise, transcrite d’après le gros plan photographique du catalogue de BD Enchères. Le manuscrit ne porte pas de point après « ses amis » ; la presse belge en publie une version sans les virgules, signée « Goscinny - Uderzo ».

Georges Dargaud avait fondé sa maison en 1943, mais il n’a pas créé Pilote : l’hebdomadaire naît le 29 octobre 1959 à l’initiative de François Clauteaux, avec Goscinny, Uderzo et Jean-Michel Charlier, et Dargaud le reprend en 1960, son nom apparaissant au numéro 60 du 15 décembre. Astérix est donc né dans un journal qu’il rachètera l’année suivante. Le catalogue indique que l’œuvre lui fut offerte par les deux auteurs, et la presse belge la rattache à sa collection personnelle. Un site de fans, seul à l’écrire et au conditionnel, rapporte qu’elle serait restée dans la famille avant d’atteindre le vendeur : ni le catalogue ni la presse ne le confirment.

Ce que valent les couvertures et les planches d’Astérix

Les résultats de 2017 sont ceux affichés hors frais au catalogue d’Art Richelieu, le montant frais compris du Tour de Gaule celui publié par la presse en 2017. Les deux séries ne se recomposent pas exactement, le catalogue annonçant 25 % de frais acheteur.
ŒuvreVentePrix au marteauPrix frais compris
Couverture d’« Astérix chez les Bretons »BD Enchères, Liège, 13 septembre 20261 200 000 €1 474 500 €
Couverture du « Tour de Gaule d’Astérix »Art Richelieu (Me Deburaux), Drouot, collection Pierre Tchernia, 13 octobre 20171 150 000 €1 449 000 €
Couverture du « Bouclier arverne »Art Richelieu, même vacation, 13 octobre 2017950 000 €non publié (1 197 000 € cités par la presse, nature non précisée)
Couverture du « Devin »Artcurial, 10 avril 2024non publié300 740 €
Couverture du « Grand Fossé »FauveParis, 2 avril 2022non publié231 300 €
Planche de « La Serpe d’or » (planche 13, 1960)Artcurial, 18 novembre 2023non publié262 400 €
Planche d’« Astérix en Hispanie » (planche 7)Daniel Maghen, 14 juin 2023non publié167 000 €

Au marteau, base strictement comparable, le résultat dépasse le précédent sommet de l’auteur de 50 000 euros, soit 4,3 % : 1 200 000 euros contre 1 150 000 euros hors frais au catalogue de 2017. Frais compris, la comparaison est moins directe : les 1 474 500 euros liégeois incluent un droit de suite mis à la charge de l’acheteur en Belgique, quand il est dû par le vendeur en France, et le taux de 25 % annoncé au catalogue de 2017 ne redonne pas les 1 449 000 euros publiés alors par la presse.

C’est un record d’auteur, annoncé par la maison de ventes elle-même et relayé par une dépêche Belga, sans qu’un expert indépendant soit cité pour l’établir : il vaut pour une œuvre d’Albert Uderzo. Le record de l’original de bande dessinée reste le dessin de couverture du « Lotus bleu » d’Hergé, écarté par Casterman en 1936 parce que trop cher à imprimer, adjugé 3 175 400 euros frais compris chez Artcurial le 14 janvier 2021. Tous supports confondus, le record du secteur est un fascicule : un exemplaire de Superman n° 1 (1939), 9,12 millions de dollars chez Heritage Auctions en novembre 2025. Sébastien Henrotay déclare à L’Avenir : « C’est un montant que l’on n’atteint pas souvent. » C’est la seule citation nominative publiée sur cette vente.

Un marché qui tient par ses pièces rares

Les autres Uderzo de ces dernières années se situent entre 167 000 et 300 740 euros frais compris : la couverture du « Devin » chez Artcurial le 10 avril 2024, celle du « Grand Fossé » chez FauveParis en avril 2022, la planche 13 de « La Serpe d’or » chez Artcurial en novembre 2023, la planche 7 d’« Astérix en Hispanie » chez Daniel Maghen en juin 2023. Commentaire de la rédaction : il n’existe qu’une gouache de couverture par titre, et celle-ci ajoute la provenance de l’éditeur et la dédicace.

Dans Le Journal des Arts du 2 janvier 2026, Éric Leroy, spécialiste de la bande dessinée chez Artcurial, déclare : « Après une période où tout se vendait très cher, une correction des prix s’est opérée sur les moins rares. » Le même article rappelle que 2024 a établi un record de volume, avec 4 119 lots vendus. Les pièces rares, elles, tiennent. La vacation liégeoise a réuni près de 1 000 participants pour environ 700 lots, dont 92 % vendus, et un produit annoncé à plus de 1 800 000 euros, sans que la presse précise s’il s’agit d’un total au marteau ou frais compris. Commentaire de la rédaction : à ce compte, le seul lot 545 pèse l’essentiel de la journée.

Sources

  1. BD Enchères / HiBid, fiche du lot 545, vente du 13 septembre 2026 (estimation, descriptif, dernière enchère et photographies de catalogue), consultée le
  2. BD Enchères, conditions générales de vente (majoration de 22 % pour frais en salle, droit de dossier de 1 euro par lot, droit de suite à la charge de l’acheteur dès 2 000 euros), consultée le
  3. BD Enchères, page « À propos » (maison consacrée uniquement à la bande dessinée, fondée en 2010 par Michael Buys et Sébastien Henrotay), consultée le
  4. BD Enchères, page de la vente cataloguée du 13 septembre 2026, Palais des Congrès de Liège, consultée le
  5. RTBF (dépêche Belga), « Record mondial pour Uderzo : la couverture d’Astérix chez les Bretons vendue aux enchères pour 1,2 million d’euros », 13 septembre 2026, consultée le
  6. La Libre, « Cette couverture d’Astérix devient l’œuvre la plus chère d’Uderzo », 14 septembre 2026 (1 474 500 euros frais compris, bilan de la vacation), consultée le
  7. L’Avenir, compte rendu de la vente, 14 septembre 2026 (propos de Sébastien Henrotay, bilan de la vacation), consultée le
  8. L’Avenir, article d’avant-vente, 1er septembre 2026 (81e vente, expositions des 11 et 12 septembre, dédicace sur la marie-louise), consultée le
  9. La DH, article d’avant-vente, 31 août 2026 (lot 545, estimation, provenance Georges Dargaud), consultée le
  10. Le Journal des Arts, « Une couverture d’Astérix atteint 1,475 million d’euros », 15 septembre 2026, consultée le
  11. Art Richelieu (OVV Deburaux Paris), catalogue 86986, collection Pierre Tchernia, Drouot salle 4, 13 octobre 2017 (lots 193 et 194, résultats hors frais, frais de vente annoncés à 25 % TTC), consultée le
  12. Franceinfo, « Une couverture d’un album d’Astérix vendue au prix record d’1,4 million d’euros », 13 octobre 2017 (1 449 000 euros frais compris), consultée le
  13. Ligne Claire, compte rendu de la vente de la collection Pierre Tchernia, 13 octobre 2017 (Le Bouclier arverne à 1 197 000 euros, nature du prix non précisée ; total de la vacation), consultée le
  14. ActuaLitté, « Tintin : 3,2 millions pour la couverture du Lotus bleu, un record », 14 janvier 2021 (2,6 millions d’euros au marteau, 3 175 400 euros frais compris, dessin refusé par Casterman en 1936), consultée le
  15. Heritage Auctions, « Superman No. 1 Leaps to $9.12 Million at Heritage, Becomes Most Expensive Comic Ever Sold », novembre 2025, consultée le
  16. ActuaLitté, « Une couverture d’Astérix et Obélix vendue 300 000 € », avril 2024 (couverture du Devin, 300 740 euros frais compris, Artcurial, 10 avril 2024), consultée le
  17. ActuaLitté, « Uderzo, Hergé et Moebius réunissent 1,68 million d’euros chez Artcurial », novembre 2023 (planche 13 de La Serpe d’or, 262 400 euros frais compris), consultée le
  18. ActuaBD, « Une exceptionnelle couverture d’Astérix par Albert Uderzo aux enchères chez FauveParis », 2022 (Le Grand Fossé, 231 300 euros frais compris, 2 avril 2022), consultée le
  19. Franceinfo, « Une planche originale de l’album Astérix en Hispanie vendue aux enchères 167 000 euros », juin 2023 (planche 7, Daniel Maghen, 14 juin 2023), consultée le
  20. Le Journal des Arts / L’Œil, « Bande dessinée, un marché à deux vitesses », 2 janvier 2026 (propos d’Éric Leroy, 4 119 lots vendus en 2024, record Superman, couverture du Devin à 300 740 euros), consultée le
  21. ToutEnBD, « Une couverture originale d’Astérix vendue à 1,47 M€ aux enchères », 16 septembre 2026 (datation de 1965, non retenue), consultée le
  22. Interenchères, Le magazine des enchères, « Record : une couverture d’Astérix chez les Bretons adjugée près d’1,5 million d’euros », septembre 2026 (seconde mention de la datation de 1965, non retenue), consultée le
  23. Asterix The Gaul, « A historic Asterix cover artwork heads to auction in Liège », août 2026 (site de fans, source unique sur la transmission familiale, rapportée au conditionnel), consultée le
  24. Wikipédia, « Pilote (périodique) » (création du journal le 29 octobre 1959, reprise par Dargaud, nom du nouvel éditeur au numéro 60 du 15 décembre 1960), consultée le
  25. Wikipédia, « Astérix chez les Bretons » (rang dans la série, prépublication dans Pilote du 9 septembre 1965 au 17 mars 1966, tirage initial de 900 000 exemplaires), consultée le
  26. Légifrance, code de la propriété intellectuelle, article L. 122-8 (droit de suite à la charge du vendeur en France), consultée le

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