Une œuvre, plusieurs éditions : ce que change cette distinction
Un livre n’est pas un objet unique. Séparer le texte de ses matérialisations n’est pas une subtilité de bibliothécaire : c’est ce qui permet de dater correctement une œuvre et de déclarer ses droits.
Prenez un roman du XIXe siècle disponible aujourd’hui en poche. Sa date de première publication appartient au texte. Son ISBN, son éditeur, sa pagination et sa couverture appartiennent au volume que vous tenez. Ce sont deux niveaux d’information distincts, et les mélanger produit des catalogues incohérents.
Qu’est-ce qui appartient à l’œuvre ?
Le titre canonique, le titre original, la langue d’origine, la date de première publication et le générique des auteurs. Ces éléments ne changent pas d’une édition à l’autre.
Qu’est-ce qui appartient à l’édition ?
Tout ce qui décrit un tirage précis : ISBN, éditeur, collection, date de parution, format, nombre de pages, langue de publication et couverture. Une traduction est une édition à part entière, jamais une variante de l’original.
| Information | Portée |
|---|---|
| Date de première publication | Œuvre |
| Titre original | Œuvre |
| ISBN-13 | Édition |
| Éditeur et collection | Édition |
| Nombre de pages | Édition |
| Statut de droits | Édition |
Pourquoi le statut de droits se déclare-t-il par édition ?
Parce qu’un texte entré dans le domaine public reste librement republiable, mais pas l’appareil critique qu’un éditeur contemporain lui ajoute. Une préface, des notes ou une nouvelle traduction sont des créations récentes et protégées. Déclarer le domaine public au niveau de l’œuvre reviendrait à étendre abusivement cette liberté.
C’est la raison pour laquelle nos fiches d’édition portent une URL canonique renvoyant à la fiche de l’œuvre : le contenu de référence n’existe qu’une fois, et les éditions le déclinent.